Comprendre l’Étude sur l’eau douce au Canada

La préservation et la meilleure gestion de l’eau douce à travers le Canada sont des enjeux cruciaux qui nécessitent l’engagement de nombreuses parties prenantes, y compris les instances gouvernementales à tous les échelons. En mars 2023, le Comité permanent de l’Environnement et du Développement Durable a annoncé le lancement d’une étude exhaustive sur le rôle du gouvernement fédéral dans la protection et la gestion des ressources en eau douce du Canada. Un an plus tard, le comité a reçu 39 mémoires et entendu 145 témoins afin d’évaluer la situation de l’eau douce au Canada et les actions suggérées par les experts rencontrés.

Qu’est-ce que le Comité permanent de l’environnement et du développement durable?

Le Comité permanent de l’environnement et du développement durable est une instance parlementaire qui joue un rôle crucial dans l’examen des questions environnementales et du développement durable au Canada. Composé de membres de différents partis politiques, le comité est chargé d’étudier et de formuler des recommandations sur des questions telles que la conservation de la biodiversité, les changements climatiques et, dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, l’eau douce.

Qui siège sur ce Comité? 

Le Comité permanent de l’environnement et du développement durable est composé de 12 députés. Les 12 membres sont issus des différents partis politiques canadiens. 

  • Francis Scarpaleggia, Libéral
  • Dan Mazier, Conservateur
  • Monique Pauzé, Bloc Québécois
  • Shafqat Ali, Libéral
  • Sophie Chatel, Libéral
  • Laurel Collins, NPD
  • Gérard Deltell, Conservateur
  • Michael Kram, Conservateur
  • Branden Leslie, Conservateur
  • Lloyd Longfield, Libéral
  • Leah Taylor Roy, Libéral
  • Adam van Koeverden, Libéral

Qu’est-ce que l’Étude sur l’eau douce au Canada?

L‘Étude sur l’eau douce au Canada entreprise par le Comité permanent de l’environnement et du développement durable vise à évaluer le rôle du gouvernement fédéral dans la protection et la gestion des ressources en eau douce du pays. Cette étude examine divers aspects de la gestion de l’eau, y compris la qualité de l’eau, la gestion des bassins versants, la protection des écosystèmes aquatiques,  l’innovation technologique pour faciliter le traitement et/ou la préservation,  la gestion de l’eau  et les politiques de gestion de l’eau.

Le Comité a également écouté les recommandations d’actions de différents témoins et experts de partout au pays, incluant la Fondation de Gaspé Beaubien, AquaAction et plusieurs de nos partenaires.

Témoignages et mémoires

Fondation de Gaspé Beaubien

Afin de faire valoir la cause de l’eau, la Fondation a partagé ses observations et ses conclusions des dix dernières années dans un mémoire intitulé Mesures urgentes à prendre pour accroître et protéger l’innovation en matière de technologie de l’eau au Canada

Nous y proposons cinq recommandations : 

  1. Mettre en place un plan de financement et des programmes de subventions dédiés aux facilitateurs/accélérateurs qui sont au service des jeunes entrepreneurs dans le secteur des technologies de l’eau.
  2. Travailler avec les municipalités et les intervenants pertinents de l’industrie pour créer un cadre qui puisse faciliter l’accès des jeunes innovateurs aux sites de différents plans d’eau et ainsi déployer des projets pilotes en milieu réel.
  3. Mettre en place un partenariat formel et solide entre le Conseil national de recherches Canada et l’Agence canadienne de l’eau, afin d’assurer une meilleure collaboration interministérielle.
  4. Mettre en place des incitatifs fiscaux et des crédits d’impôt pour les entreprises et les investisseurs qui innovent dans le domaine des technologies de l’eau.
  5. Investir dans des programmes d’éducation et de formation axés spécifiquement sur les technologies de l’eau.

AquaAction

Les recommandations d’AquaAction présentées dans son mémoire et dans le témoignage de Soula Chronopoulos, présidente d’AquaAction, portent sur les intérêts nationaux stratégiques du Canada en lien avec l’eau douce et la sécurité économique. 

Madame Chronopoulos a expliqué : «Nous estimons que ces suggestions pratiques et pleines de bon sens devraient figurer dans le programme de tous les partis. Il est temps de traiter la protection de l’eau douce du Canada comme un enjeu à la fois économique et environnemental. Je vais être franche: le secteur canadien des technologies de l’eau doit être considéré comme un élément essentiel de notre stratégie de protection de l’eau douce.»

Water Rangers

Water Rangers est une organisation à but non lucratif qui crée des outils pour la surveillance communautaire de l’eau et offre une plateforme de données ouvertes destinée au public, qui est utilisée par 300 groupes au Canada, aux États-Unis, au Mexique et au Royaume-Uni. Kat Kavanagh, directrice générale de Water Rangers et gagnante d’AquaHacking 2015, a partagé son expérience en matière de collecte de données au Canada et ailleurs dans le monde devant le Comité.

L’entrepreneure a terminé son témoignage avec deux recommandations : « Premièrement, il faut investir dans le leadership et l’innovation en matière de collecte et d’échange de données sur la surveillance de l’eau dans les communautés. Deuxièmement, il faut renforcer la capacité à long terme des communautés de participer à la prise de décisions fondées sur des données probantes concernant leurs cours d’eau locaux. Les communautés sont très attachées à l’eau. »

Coalition canadienne pour des eaux saines

Andrew Stegeman, qui était alors coordonnateur de la Coalition canadienne pour des eaux saines, a également témoigné. Il a profité de l’occasion pour faire cinq recommandations semblables à certains égards à celles de la Fondation.

Selon lui, le gouvernement du Canada devrait : 

  1. Jouer un rôle clé dans la création et la mobilisation des connaissances et des outils nécessaires pour comprendre et prévoir les défis et les possibilités liés à l’eau.
  2. Faire progresser son engagement à l’égard de la réconciliation avec les peuples autochtones en élaborant des voies d’accès et en fournissant des ressources pour la cogestion des eaux partagées avec les nations autochtones.
  3. Prendre des mesures pour renforcer la coopération à l’échelle de la fédération pour la prise de décisions et la gestion communes des eaux.
  4. Donner l’exemple en adoptant une approche qui met l’accent sur l’importance des limites des bassins hydrographiques dans le processus décisionnel.
  5. Accorder la priorité au renouvellement des lois et des politiques fédérales désuètes en matière d’eau; l’accent devrait être mis immédiatement sur le renouvellement de la Loi sur les ressources en eau du Canada, vieille de plus de 50 ans.

Réseau Environnement

Au cours des 60 dernières années, Réseau Environnement est devenu le plus grand rassemblement de spécialistes en environnement au Québec. L’association réunit plus de 2000 experts issus des secteurs public, privé et académique, travaillant dans des domaines tels que l’eau, les déchets, l’air, les changements climatiques, l’énergie, les sols, les eaux souterraines et la biodiversité. Sa présence était donc incontournable pour cette étude.

Dans son mémoire et son témoignage, Réseau Environnement met l’accent sur trois priorités de longue date pour ses membres : 

  1. Le sous-financement des services d’eau. 
  2. Moderniser les installations de traitement des eaux usées. 
  3. Assurer le succès de l’Agence canadienne de l’eau.

L’importance de cette étude pour l’avenir de l’eau

Cette étude revêt une importance capitale pour l’avenir de nos ressources en eau douce. Elle permettra d’identifier les lacunes dans la gestion actuelle des eaux limitrophes et transfrontalières, et de formuler des recommandations pour améliorer la protection et la gestion de ces ressources vitales d’un point de vue fédéral. Le tout sera dans le respect des compétences provinciales.

En prenant en compte les avis d’experts et les données scientifiques, cette étude contribuera à orienter les politiques et les actions du gouvernement fédéral afin de garantir la disponibilité et la qualité de l’eau douce pour les générations futures.

Bref, agissons maintenant pour protéger l’eau douce!

La préservation et la meilleure gestion de l’eau douce sont des objectifs atteignables, mais il est impératif d’agir maintenant et rapidement. Bien que plusieurs aspects de gestion de l’eau relèvent du provincial (et c’est bien ainsi), l’Étude sur l’eau douce au Canada entreprise par le Comité permanent de l’Environnement et du Développement Durable constitue une étape cruciale dans cette direction. 

Les informations rassemblées pourront servir à tous. En tirant parti des connaissances et des recommandations formulées dans le cadre de cette étude, les parties prenantes (provinces, territoires, communautés premières nations, municipalités, OBNL…) pourront œuvrer ensemble pour assurer un avenir durable pour les précieuses ressources en eau douce.

Contribuez vous aussi à la préservation de l’eau douce.

La couverture de neige impacte votre vie et votre environnement!

Le Canada est doté d’un trésor hivernal qui représente bien plus qu’une simple beauté éphémère (ou une source de frustration pour ceux qui préféreraient l’éviter…). La neige revêt un rôle crucial dans la dynamique environnementale canadienne. Alors que les changements climatiques remodèlent notre monde, la compréhension de la formation et de l’impact de la couverture de neige devient essentielle. Explorons le sujet.

1. Qu’est-ce que la couverture de neige?

La couverture de neige n’est pas simplement une étendue blanche, mais plutôt un mécanisme complexe aux multiples facettes. Comprendre la nature complexe de la couverture de neige est essentiel pour appréhender son impact sur l’environnement canadien. En tant que participant actif dans la chorégraphie météorologique et écologique, la couverture de neige façonne le paysage canadien de manière unique.

Comprendre la nature complexe de la couverture de neige est essentiel pour appréhender son impact sur l'environnement canadien.

2. Pourquoi est-ce important?

La couverture de neige joue un rôle crucial dans la préservation de l’eau au Canada. En agissant comme une réserve d’eau pour les rivières, elle soutient non seulement les écosystèmes aquatiques, mais également des secteurs clés tels que l’agriculture et la production d’énergie hydroélectrique.

Les changements dans la couverture de neige ont donc d’importantes conséquences sur les systèmes écologiques et humains. Par exemple, la fonte de la glace et de la neige des manteaux neigeux en montagnes est cruciale pour une multitude de secteurs, dont les écosystèmes aquatiques, l’agriculture, la production d’énergie hydro-électrique et les activités de loisir.

3. De grandes répercussions

Les changements climatiques affectent la durée et la qualité de la couverture de neige. Des questions telles que la fonte prématurée ou le déplacement des masses de neige deviennent des préoccupations cruciales, influençant la disponibilité de l’eau douce, les schémas météorologiques et les milieux de vies des humains comme des animaux.

La couverture de neige agit comme une couverture protectrice pour de nombreux animaux pendant l’hiver. Les lièvres arctiques, par exemple, se fondent dans le paysage enneigé pour échapper aux prédateurs. Cependant, des changements dans la couverture de neige peuvent perturber ces stratégies de camouflage, exposant les animaux à un risque accru de prédation. De plus, la fonte précoce peut compromettre la disponibilité des ressources alimentaires, impactant directement la faune.

La couverture de neige influence la faune et la flore.

La couverture de neige joue un rôle crucial dans le cycle de l’eau. En fondant lentement, elle libère progressivement de l’eau dans les rivières et les lacs, régulant ainsi les régimes de précipitations. Les changements dans la couverture de neige peuvent entraîner une fonte plus rapide, augmentant le risque d’inondations printanières. D’un autre côté, une diminution de la couverture de neige peut conduire à une diminution des réserves d’eau douce disponibles.

Les écosystèmes dépendent souvent de cycles saisonniers bien définis pour maintenir leur équilibre. La couverture de neige, en tant que partie intégrante de ces cycles, influence la biodiversité. Des variations dans la durée de la couverture neigeuse peuvent affecter la croissance des plantes, la migration des oiseaux et le comportement des insectes. Ces changements peuvent avoir des répercussions en cascade, perturbant l’ensemble de l’écosystème. 

La couverture de neige agit comme une éponge géante, filtrant les impuretés atmosphériques et la pollution. Avec sa fonte, elle libère cette eau filtrée dans les cours d’eau, contribuant à maintenir une qualité d’eau élevée. Les changements dans la couverture de neige peuvent altérer ce processus, affectant la pureté de l’eau et compromettant les écosystèmes aquatiques ainsi que la disponibilité d’eau potable pour les communautés locales.

La température et la quantité d’eau libérée par la fonte de la neige peuvent avoir des effets significatifs sur les écosystèmes aquatiques. Ces changements peuvent affecter la reproduction des poissons, la croissance des algues et d’autres organismes aquatiques, modifiant ainsi l’équilibre délicat des écosystèmes d’eau douce.

Couverture de neige et eau douce sont étroitement liées

Le Canada, pays de neige par excellence, est en train de voir son manteau blanc subir des transformations sans précédent. En ces temps de changements climatiques, il devient impératif de préserver et d’étudier ce trésor hivernal pour les générations futures. La neige, bien plus qu’une simple météo, devient un indicateur précieux des défis environnementaux qui se profilent à l’horizon canadien. La couverture de neige et l’eau douce sont étroitement liées, et toute perturbation dans la première a des répercussions directes sur la disponibilité, la qualité et la régulation des ressources en eau douce, incluant l’état des lacs du Québec. Ces liens soulignent l’importance cruciale de comprendre et de surveiller la couverture de neige dans le contexte plus large de la gestion durable des ressources hydriques. Une autre expertise nécessaire dans la préservation de l’eau.

 La couverture de neige impacte l'eau douce partout au pays.

 

Découvrez comment vous pouvez contribuer à la préservation de l’eau douce.

L’état des lacs du Québec expliqué

Le Québec est parsemé de lacs et d’étendues d’eau. Non seulement ils offrent des paysages à couper le souffle, mais ils jouent aussi un rôle vital dans l’équilibre écologique et économique de plusieurs régions. Depuis quelques années, l’état des lacs du Québec semble devenir de plus en plus préoccupant. Qu’en est-il réellement de la santé de ces précieux écosystèmes et de la préservation de l’eau

1. La situation en chiffres

Aujourd’hui, plus de 800 lacs sont membres actifs du Réseau de surveillance volontaire des lacs (RSVL). Les informations disponibles pour le moment concernent cependant 765 lacs. Au total, 204 plans d’eau sont considérés comme préoccupants. Parmi eux, 10 sont considérés comme hyper-eutrophes (pire stade) et 19 sont eutrophes (l’avant-dernier stade).  

L’échelle d’évaluation mentionnée possède sept stades :

  1. ultra-oligotrophe
  2. oligotrophe
  3. oligo-mésotrophe
  4. mésotrophe
  5. méso-eutrophe
  6. eutrophe
  7. hyper-eutrophe

1.1. D’où viennent ces données?

Ces données proviennent du Réseau de surveillance volontaire des lacs. Il s’agit d’un programme du ministère de l’Environnement qui engage activement les riverains de lacs dans l’acquisition de connaissances sur la qualité de l’eau.

Les données collectées permettent de mieux comprendre la dynamique et l’évolution de l’état des lacs du Québec. Elles jouent un rôle essentiel pour les différents organismes de bassin versant et pour les organisations cherchant des solutions pour préserver ces plans d’eau.

Il est cependant important de noter que la surveillance de la qualité des lacs repose encore sur des bases fragiles. Elle dépend en grande partie du travail de bénévoles. De plus, ce n’est qu’une petite fraction des 3,6 millions de plans d’eau douce du Québec qui fait l’objet d’analyses, et environ 35 % des lacs inscrits sont dans les Laurentides.

2. Les menaces qui pèsent sur les lacs du Québec

Les lacs du Québec sont confrontés à un ensemble complexe de menaces qui mettent en péril leur fragile équilibre. Ces menaces sont vastes et variées. En voici un aperçu.

2.1. Eutrophisation

L’eutrophisation est le phénomène par lequel des nutriments s’accumulent dans un milieu. C’est un phénomène naturel s’échelonnant sur des milliers d’années; il devient problématique lorsqu’il se produit trop rapidement. Il est donc important de distinguer l’eutrophisation naturelle s’échelonnant sur des milliers d’années et l’eutrophisation anthropique se produisant en quelques décennies.

Le problème de l’eutrophisation anthropique (c’est-à-dire due aux hommes) se produit lorsque des quantités excessives de nutriments, tels que l’azote et le phosphore, sont introduites dans un lac en grande quantité et très rapidement. Généralement, c’est dû aux activités humaines telles que l’agriculture, la déforestation, l’utilisation de fosses septiques et d’engrais pour pelouses.

Processus d'eutrophisation naturelle vs anthropique

L’eutrophisation engendre une prolifération extrême de plantes aquatiques, notamment des algues, qui consomment l’oxygène dissous dans l’eau. Cela peut entraîner la mort de poissons, de plantes et d’autres organismes aquatiques, perturbant ainsi gravement l’écosystème du lac. Richard Carignan, professeur à l’Université de Montréal, a longuement étudié l’eutrophisation accélérée des lacs. Selon lui, environ 10% des lacs du Québec habités sont touchés. 

2.2. Cyanobactéries

Les cyanobactéries, aussi connues sous le nom d’algues bleu-vert, représentent une autre menace sérieuse pour les lacs du Québec. Elles sont particulièrement actives quand il y a présence de nutriments en excès, c’est-à-dire quand un lac est au stade eutrophe ou hyper-eutrophe.

Lorsque ces micro-organismes prolifèrent trop rapidement atteignent des niveaux élevés, ils peuvent produire des toxines potentiellement dangereuses pour la santé humaine et animale. La baignade et d’autres activités aquatiques ne peuvent plus être pratiquées dans ces plans d’eau. 

Le nombre de signalements pour des cyanobactéries faits au Ministère de l’Environnement par des citoyens est passé de 61 à 265 entre 2019 et 2021. C’est un bond de 334 % en seulement  deux ans. Ces signalements témoignent de la prévalence croissante des algues bleu-vert dans les lacs du Québec et de la nécessité de mesures pour les contrôler.

2.3. Eaux usées

Le problème des eaux usées est un autre facteur de détérioration des lacs au Québec. Les infrastructures de gestion des eaux usées vieillissantes et inadéquates peuvent entraîner des déversements non traités de matières fécales et de produits chimiques dans les lacs, ce qui contribue à la pollution de l’eau.

Plusieurs experts demandent des investissements dans la réparation et l’optimisation de ces infrastructures pour réduire les pertes d’eau potable et les déversements d’eaux usées non traitées dans les écosystèmes. Selon une étude commandée par Réseau Environnement, une telle réduction engendrerait 324 millions de dollars de profits et limiterait la détérioration de l’environnement et des eaux partout au Québec.

Ce n’est pas seulement une responsabilité municipale. Les propriétaires ayant des installations septiques sur leur terrain ont le devoir de veiller à l’entretien de celles-ci et au respect des normes environnementales. C’est entre autres pourquoi des options de système de traitement écoresponsable des eaux usées comme Écoflo sont de plus en plus répandues.

3. Conséquences de la détérioration des lacs du Québec

L’état des lacs du Québec impacte grandement la qualité de vie de plusieurs espèces, incluant les hommes. 

3.1. Impact sur la biodiversité

Lorsque l’état des lacs se détériore en raison de l’eutrophisation, des cyanobactéries et d’autres facteurs, la biodiversité aquatique est mise en péril. Les espèces de poissons, d’invertébrés et de plantes aquatiques qui peuplent ces écosystèmes souffrent du manque d’oxygène ou de la présence de toxines produites par les cyanobactéries.

3.2. Répercussions sur les communautés locales

La qualité de vie des communautés locales est étroitement liée à la santé des lacs. Les populations riveraines sont affectées de différentes manières. L’état des lacs peut rendre la baignade et la pêche moins agréables, voire impossibles. Les cyanobactéries peuvent produire des toxines causant des irritations de la peau, des yeux et de la gorge. Si elle est avalée, l’eau contaminée peut causer des maux de ventre, de la fièvre, de la diarrhée et des vomissements.

La détérioration de l'état des lacs du Québec impacte les communautés locales, les loisirs et l'économie.

3.3. Impact économique

Outre les conséquences environnementales et sociales, la détérioration des lacs a également un impact économique significatif. L’effondrement des industries liées aux lacs, comme la pêche et le tourisme, peut entraîner la perte d’emplois et de revenus pour plusieurs personnes.

L’attrait des propriétés riveraines est aussi touché. Certains propriétaires ont vu la valeur de leur résidence chuter jusqu’à 25 % en raison de la mauvaise santé de leur lac voisin.

Apprenez-en plus sur les conséquences de la pollution de l’eau.

Agir pour améliorer l’état des lacs du Québec

Tous les niveaux de gouvernements ont un rôle à jouer dans la protection des lacs et de l’eau. Cela passe par des investissements dans la surveillance, la réhabilitation des infrastructures et la mise en place de politiques de protection des bassins versants. C’est notamment ce que la Coalition canadienne pour des eaux saines demande. La protection de ces précieux écosystèmes est une responsabilité partagée. Chacun de nous peut contribuer à la préservation de l’eau de nombreuses façons.

« Les lacs du Québec et du Canada sont un trésor naturel inestimable qui mérite d’être protégé pour les générations futures. Il est temps d’agir collectivement pour assurer la santé et la pérennité de ces écosystèmes vitaux. » – Nan-B de Gaspé Beaubien

Nouveaux leaders de la Coalition canadienne pour des eaux saines

Depuis le 6 octobre 2023, Dominique Monchamp de la Fondation de Gaspé Beaubien et Emily Hines de Forum for Leadership on Water (FLOW) ont pris le rôle de coordonnatrices pour la Coalition canadienne pour des eaux saines. Toute l’équipe de la Fondation est fière de ces nominations qui permettront de poursuivre le travail de la Coalition. Nous remercions Andrew Stegemann de Our Living Waters qui a tenu le fort pendant les deux dernières années. Son travail est entre bonnes mains et continuera de porter fruit.

Un rôle grandissant pour la Fondation à la Coalition

Grâce à sa position unique liant le Québec au reste du Canada, la Fondation de Gaspé Beaubien tient un rôle de premier plan au sein de la Coalition depuis ses débuts. En 2022, Dominique Monchamp siégeait déjà sur le comité directeur de la Coalition; son implication augmente maintenant en prenant les responsabilités allant avec le rôle de co-coordonnatrice de la Coalition.

Dans un premier temps, son objectif le plus important est de rassembler les parties prenantes du Canada autour des enjeux de l’eau afin de porter un message cohérent et endossé par tous les membres de la Coalition. Pour ce faire, l’écoute et le respect des membres seront les atouts les plus importants. Dans un deuxième temps, Dominique veut assurer une bonne communication entre le Canada anglophone et francophone en surmontant les barrières linguistiques et culturelles. Encore une fois, le partage, l’écoute et le respect seront les valeurs véhiculées tout au long de son mandat.   

« Les membres du conseil d’administration de la Fondation ont approuvé à l’unanimité l’engagement de Dominique à titre de coordonnatrice pour la Coalition. La Fondation soutiendra aussi financièrement les activités de la Coalition. L’union fait la force et les membres de la Coalition canadienne pour des eaux saines l’ont compris. » – Nan-B de Gaspé Beaubien

Un mot de notre directrice générale

« La Coalition canadienne pour des eaux saines est une plateforme très importante pour rassembler sous une même voix les aspirations des groupes terrains de partout au Canada. Je suis convaincue qu’ensemble, nous sommes plus forts et que nous pouvons faciliter les relations avec les différents paliers de gouvernements. Notre travail pour des eaux saines, pour la préservation et la restauration de l’eau douce est essentiel pour notre avenir à tous. » – Dominique Monchamp,
directrice générale de la Fondation de Gaspé Beaubien, conseillère senior pour AquaAction, coordonnatrice de la Coalition canadienne pour des eaux saines

Qu’est-ce que la Coalition canadienne pour des eaux saines?

La Coalition canadienne pour des eaux saines est une alliance non partisane regroupant diverses organisations unies dans un effort commun visant à préserver la santé des eaux douces, couvrant l’ensemble du territoire canadien, des eaux intérieures aux rives côtières. La Fondation de Gaspé Beaubien est un heureux membre de la Coalition canadienne pour des eaux saines depuis ses débuts en 2021.

La Coalition explique : « Il doit s’agir d’un effort de collaboration qui fait appel à tous les ordres de gouvernement, qui fait participer les Canadiens et qui tire parti de la richesse des connaissances scientifiques, écologiques et traditionnelles de la population en matière d’eau. Le gouvernement fédéral a un rôle de premier plan à jouer dans cette transformation, et la Coalition canadienne pour des eaux saines est unie dans son plaidoyer pour que le gouvernement fédéral exerce un leadership affirmé et approprié. »

L’objectif de la Coalition canadienne pour des eaux saines

La Coalition et ses membres veulent atténuer les menaces qui pèsent sur l’eau douce partout au pays et encourager la préservation des eaux saines. Pour cette organisation, cela passe par l’entreprise de trois demandes au gouvernement fédéral.

Les revendications de la Coalition sont clairs :

Si les objectifs de la Coalition canadienne pour des eaux saines suscitent votre intérêt et que vous désirez contribuer au changement, nous vous encourageons à visiter le site web et à inscrire votre organisation pour devenir membre de la Coalition.

Unissons-nous pour l’avenir de l’eau!

Vous n’avez pas d’organisation pouvant devenir membre de la Coalition, mais vous partagez tout de même notre motivation pour la préservation de l’eau? Pas de soucis. Vous pouvez contribuer à la préservation de l’eau douce de bien d’autres façons. Soutenez des organismes engagés pour l’eau comme AquaAction, utilisez l’eau intelligemment, sensibilisez vos proches… Chaque geste compte!

Les menaces pesant sur nos réserves d’eau potable incluent les changements climatiques, les infrastructures inadéquates et la surconsommation. En unissant nos efforts, nous pouvons œuvrer à la préservation de cette ressource vitale avant qu’il ne soit trop tard. Préservons les sources d’eau, qu’elles demeurent pures et abondantes, tant pour les générations actuelles que futures.

Conséquences de la pollution de l’eau : comprendre pour agir

Pour bien comprendre les conséquences de la pollution de l’eau, il faut connaître les différents types de pollutions qui menacent les ressources hydriques. Dans cet article, vous explorerez les diverses formes de pollution de l’eau et leurs répercussions sur la santé, l’environnement et l’avenir. Vous comprendrez alors nos motivations et pourquoi il est crucial d’agir de manière responsable pour la préservation de l’eau

1. Principales sources de pollution de l’eau

1.1. Déchets organiques

Les pollutions organiques sont parmi les plus courantes. Elles proviennent des déchets ménagers, végétaux ou animaux, des excréments, ou des déjections animales. Ces déchets contiennent des bactéries ou des virus pouvant entraîner une pollution microbiologique et représenter un risque pour la santé. Les pollutions organiques sont en fait causées par la dissolution dans l’eau de ces matières organiques, que leur provenance soit naturelle ou non.

1.2. PFAS

PFAS (ou SPFA pour l’acronyme français moins répandu) réfère aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées. Ce sont des substances chimiques de synthèses utilisées depuis des décennies pour de nombreuses applications industrielles ou commerciales (ex. produits imperméabilisants, produits antitaches, revêtements antiadhésifs, emballages alimentaires…). Le grand problème avec les PFAS, c’est qu’elles se dégradent extrêmement lentement après utilisation. Ces contaminants restent donc très longtemps dans l’environnement. Certains les caractérisent même de « produits chimiques éternels ».

Notons que l’eau potable n’est pas la principale source d’exposition aux PFAS, mais cela demeure une préoccupation. Même si les PFAS sont étudiés depuis plusieurs années au Québec et au Canada, il existe encore peu de données et de connaissances sur le sujet. En avril 2023, Santé Canada s’est donc fixé un objectif pour diminuer l’exposition de la population aux PFAS par l’eau potable.

  • Ecofilter Tek, une entreprise participant à AquaEntrepreneur Québec, est à l’avant-garde du développement d’une technologie de membranes spécialisées adaptées à diverses industries qui a la capacité unique de capturer sélectivement les molécules de PFAS, permettant à l’eau propre de passer avec une efficacité inégalée.

1.3. Médicaments

Les produits pharmaceutiques causent une pollution incolore, inodore, mais malgré tout importante et omniprésente dans l’eau. Des études récentes montrent que de nombreuses rivières dans le monde contiennent des substances médicamenteuses à des niveaux supérieurs à ceux considérés comme sans danger pour les humains et les organismes aquatiques. 

Comment les médicaments se retrouvent-ils dans l’eau? C’est simple : ils sont ingérés par les personnes, ils sont partiellement métabolisés, et le reste est éliminé dans les eaux usées. De plus, certaines personnes disposent de leurs médicaments périmés dans les toilettes. 

1.4. Microplastiques

Le plastique et le microplastique ont de graves conséquences de la pollution de l'eau.

Les microplastiques sont de petits morceaux de plastique de moins de cinq millimètres. Ils sont trop petits pour être extraits par les systèmes de filtration d’eau traditionnels. Par conséquent, ils se déversent dans les lacs, les rivières et les océans. Des techniques de pointe sont nécessaires pour détecter ces microplastiques issus de la décomposition de débris plastiques plus volumineux ou de produits de consommation courante.

  • AbbaTek avec son produit MPConnect souhaite rationaliser et simplifier l’analyse des microplastiques. Pour ce faire, cette jeune entreprise utilise l’apprentissage automatique et la science des données pour automatiser l’identification, la caractérisation et la mesure des particules de microplastiques. 

1.5. Plomb

Le plomb est un métal naturellement présent dans l’environnement, que ce soit dans le sol, l’air ou même les aliments. Au Canada, le plomb ne se trouve d’ordinaire pas dans les sources d’eau naturelles ou dans l’eau traitée. C’est par les éléments de la plomberie ou des réseaux de distribution que le plomb peut s’infiltrer dans l’eau potable. C’est surtout le cas dans dans les vieilles maisons, puisque, jusqu’en 1975, le Code national de la plomberie du Canada considérait le plomb comme un matériau acceptable dans les conduites.

On sait aujourd’hui que consommer de l’eau qui contient du plomb peut constituer un risque pour la santé, surtout chez les enfants

1.6. Agriculture

Les grandes cultures et les élevages sont sources de pollutions chimiques. Les engrais, pesticides, herbicides, médicaments vétérinaires et autres substances se retrouvent dans les eaux souterraines ou de surface, notamment en raison de l’épandage excessif d’effluents d’élevage. Cette pollution chimique favorise la prolifération d’algues et de bactéries, entraînant une mauvaise oxygénation, un phénomène connu sous le nom d’eutrophisation.

  • Typha.co travaille sur le problème de l’eutrophisation du lac Winnipeg depuis le Défi AquaHacking 2020. L’entreprise extrait les fibres des quenouilles qui contribuent à l’eutrophisation du lac Winnipeg. La récolte durable permet de capturer le phosphore et l’azote avant que les plantes se décomposent et rejettent ces nutriments dans l’eau. Les fibres collectées sont utilisées pour fabriquer du paillis de jardinage, des substrats de culture sans terre et des pots de fleurs biodégradables.

2. Principales conséquences de la pollution de l’eau

2.1. Maladies

La consommation d’eau contaminée peut entraîner de graves problèmes de santé, allant de la diarrhée au choléra en passant par l’hépatite A, la légionellose, la dysenterie et, dans les cas les plus importants, la mort. L’Organisation mondiale de la Santé estime que chaque année environ 485 000 décès sont dus à des maladies diarrhéiques causées par la contamination microbiologique de l’eau potable. Cela souligne l’importance de protéger nos sources d’eau potable. 

Le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs l’explique clairement : « La conséquence directe de la contamination microbienne des eaux de surface est le risque pour la santé des baigneurs et des autres adeptes d’activités aquatiques. Ceux-ci s’exposent à des infections aux yeux, aux oreilles, à la peau et à des troubles gastro-intestinaux. »

  • Water Rangers une entreprise participant à AquaEntrepreneur Québec permet aux citoyens de collecter des données sur la qualité de l’eau et d’afficher des données ouvertes à l’aide de sa plate-forme pour que toutes et tous puissent participer à la surveillance et gestion de l’eau.

La pollution de l'eau a des conséquences sur la santé.

2.2. Autres impacts sur la santé

Le plomb dans l’eau peut constituer un risque grave pour la santé, en particulier chez les enfants, dont le système en développement est particulièrement vulnérable. Cela peut avoir des conséquences dévastatrices sur leur développement neurologique et comportemental (ex. baisse du quotient intellectuel).

Chez les adultes, une exposition prolongée au plomb par le biais de l’eau potable peut augmenter la pression artérielle et provoquer une dysfonction rénale. Les effets à long terme de cette contamination sont préoccupants, mettant en lumière la nécessité cruciale de maintenir une vigilance constante en matière de qualité de l’eau et d’investir dans la modernisation des infrastructures pour garantir une eau potable sans danger pour tous.

  • Le dépistage de bactéries pathogènes est un outil essentiel pour prévenir la propagation de maladies. BioAlert, une entreprise participant à AquaEntrepreneur Québec, a inventé une nouvelle technologie de tests rapides et automatisés permet d’obtenir des résultats de qualité laboratoire directement sur site, entraînant une meilleure protection de la santé sécurité et de gestion des coûts d’opérations.

2.3. Impacts sur les écosystèmes

Les substances toxiques et les polluants chimiques perturbent l’équilibre des cours d’eau, des lacs et des océans, dégradant l’habitat naturel des espèces aquatiques. Cela se traduit par une perte de biodiversité, la prolifération d’algues nuisibles et des perturbations dans les chaînes alimentaires. Les écosystèmes aquatiques, essentiels pour la survie de nombreuses espèces, sont gravement menacés par la pollution de l’eau, soulignant ainsi l’importance cruciale de sa préservation.

  • Clean Catch a inventé le premier appât de pêche souple fait de biopolymère organique 100 % biodégradable et sans PVC. Cette innovation permet aux pêcheurs de pratiquer leur sport en toute sérénité en contribuant à la sécurité des poissons et de toute la vie aquatique. Ces appâts commencent à se décomposer en compost après 48 heures d’immersion dans l’eau et se dissolvent complètement en 6 mois.

2.3. Mortalité des animaux

La pollution de l’eau entraîne une augmentation de la mortalité de certaines espèces animales et végétales, pouvant parfois conduire à leur extinction. Elle altère également les capacités physiologiques des organismes aquatiques et détériore la qualité de l’eau, la rendant impropre à certains usages, notamment pour l’alimentation humaine. Cette menace pour la faune et la flore aquatiques met en péril l’équilibre des écosystèmes aquatiques et souligne l’urgence de protéger nos sources d’eau. Ces conséquences de la pollution de l’eau sont irréversibles.

Les animaux souffrent des conséquences de la pollution de l'eau.

2.4. Accumulation de microplastiques dans le corps

Les microplastiques présents dans l’eau s’accumulent ultimement dans notre organisme, suscitant des préoccupations sur leurs effets sur la santé humaine. Des études ont montré la présence de microplastiques dans les poumons, le foie, le placenta et le sang. Les effets à long terme de cette exposition restent à déterminer, mais sont une source d’inquiétude grandissante pour de nombreux experts et professionnels de la santé.

  • Une entreprise participant à AquaEntrepreneur Québec, Hoola One a développé des solutions technologiques pour nettoyer les zones polluées par le plastique qui ne pouvaient pas être nettoyées auparavant, telles que les plages. 

2.5. Abandon de zones riveraines

La pollution de l’eau entraîne la dégradation et l’abandon de nombreuses zones riveraines, tant en milieu urbain que rural. L’insalubrité de certaines rivières a incité de nombreux riverains à quitter ces endroits, initialement prisés, à la recherche d’un environnement de meilleure qualité. 

Malheureusement, au fil du temps, certaines de ces zones sont devenues des sites de disposition d’ordures, de stockage de matériaux divers ou des quartiers dégradés. Les conséquences de la pollution de l’eau y sont donc particulièrement visibles. Le manque d’investissements en infrastructures ou en restauration a rendu ces zones encore moins attrayantes pour les résidents actuels ou potentiels. « Des dizaines de plages qui offraient à tous un loisir gratuit ont été désertées à cause de l’insalubrité de l’eau. De tout temps, la baignade a été une activité récréative très populaire et la plage, un lieu de convergence privilégié de la vie sociale. Les détériorations des dernières décennies ont imposé de sérieuses contraintes à ces loisirs familiaux, ou en ont déplacé les lieux d’exercice. », soutient le MELCCFP

  • C’est entre autres pour cela que CANN Forecast, entreprise lauréate du Défi AquaHacking 2016, a créé InfoBaignade. Ce modèle prédictif permet d’estimer de manière fiable la qualité des eaux récréatives grâce à l’intelligence artificielle. Il facilite ainsi le processus décisionnel des municipalités.

Limitons et renversons les conséquences de la pollution de l’eau

Il est impératif d’agir maintenant pour la préservation de l’eau! Chacun de nous peut contribuer à limiter les conséquences de la pollution de l’eau en évitant le gaspillage et en adoptant des pratiques plus respectueuses de l’eau. La protection de l’eau douce est une responsabilité collective. Il est de notre devoir de prendre des mesures pour préserver cette précieuse ressource pour les générations futures. Donnez à AquaAction pour aider à trouver encore plus de solutions innovantes aux problèmes liés à l’eau douce. Agissons dès aujourd’hui pour un avenir plus sûr et plus sain.

Notre motivation et notre expertise dans la préservation de l’eau

Il y a douze ans, lorsque les petits-enfants de Gaspé Beaubien ont suggéré pour la première fois d’agir pour la préservation de l’eau, Philippe et Nan-b étaient sceptiques. Après tout, le Canada est connu pour son approvisionnement en eau abondante, alors pourquoi devraient-ils s’en soucier? Nan-b explique : « Au début, l’idée semblait un peu farfelue. Pourtant, après une enquête et des recherches plus approfondies, nous avons compris l’urgence d’agir. Nous avons réalisé que nos petits-enfants avaient bien raison : nous devons faire quelque chose concernant la situation de l’eau! »

Une crise qui se prépare depuis des années

Il y a trente ans, des scientifiques et des experts nous ont avertis du danger imminent d’une crise de l’eau et des effets de la crise climatique. Maintenant, le Canada et d’autres pays sont confrontés à ces problèmes urgents, voyant leur impact sur l’environnement avec des tempêtes dévastatrices, d’énormes feux de forêt et des inondations catastrophiques. Si nous avions tenu compte de leurs alertes plus tôt, nous aurions peut-être été mieux préparés à relever le défi d’aujourd’hui. 

Selon les Nations Unies, dans 6 ans, environ 40% de la population mondiale n’aura pas accès à l’eau potable. Ce manque de ressources signifie bien plus que d’avoir ce qu’il faut pour son café du matin – sans accès à l’eau douce, il y aura une migration massive en raison de l’incapacité des populations à boire ou à se nourrir. C’est une situation catastrophique à laquelle aucun d’entre nous n’est préparé et qu’on ne veut pas voir se produire. Nous devons prendre des mesures proactives pour y faire face maintenant!

Le Canada ne fait pas exception

Le Canada abrite 20 % des réserves mondiales d’eau douce. Cependant, cette ressource précieuse n’est pas renouvelable à l’infini ; seulement 1% est renouvelé chaque année.

Des mesures doivent être prises pour préserver la ressource la plus essentielle de notre planète, en conservant et en revitalisant notre approvisionnement en eau douce. Pourtant, en matière d’utilisation de l’eau, le Canada n’a pas de quoi être fier – la consommation d’eau des Canadiens est l’une des plus élevées au monde. (Les habitudes doivent changer à tous les niveaux ; individuel, régional, national et sociétal.)

Compte tenu de sa situation unique, le Canada a la possibilité de devenir un chef de file en matière de préservation de l’eau – nous pouvons utiliser notre position privilégiée pour garantir aux autres nations un accès équitable à de l’eau propre, ainsi que pour fournir un modèle plus durable pour les pratiques de préservation de l’eau et une économie bleue. De la recherche aux pratiques axées sur la technologie, quelqu’un doit devenir un chef de file dans la protection de cette ressource inestimable. Pourquoi pas nous?

Canadian flag waving in front of the Parliament Building on Parliament Hill in Ottawa

Le rôle des gouvernements

Dans un monde confronté à de tels problèmes liés à l’eau, les gouvernements doivent regarder au-delà du prochain cycle électoral pour faire face de manière adéquate à cette crise prolongée. Les solutions actuelles à court terme ne suffisent pas. Les gouvernements sont souvent réticents à prendre des risques en raison de leurs mandats limités – laissant le problème crucial de l’eau sans réponse.

Nos élus doivent agir! Des lois doivent être créées et des investissements doivent être faits dans les expertises liées à la préservation de l’eau – telles que :

Le rôle de la Fondation de Gaspé Beaubien 

Selon Nan-b de Gaspé Beaubien : « Lorsque nous avons commencé à discuter des problèmes d’eau, beaucoup de gens étaient perplexes. Personne ne voulait nous parler. Ils ont dit: “Il n’y a pas de problème, il n’y a pas de problème. Pourquoi fais-tu ça? Pas besoin de s’impliquer dans l’eau.” Nous avons vu le problème et nous avons vu que le Canada ne jouait pas son rôle de chef de file. »

Ainsi, en 2015, la Fondation de Gaspé Beaubien a décidé d’endosser le rôle de « preneurs de risques » que les gouvernements n’étaient pas prêts à endosser. En explorant des solutions innovantes et une expertise dans la préservation de l’eau, AquaAction est née!

AquaAction vise à revitaliser les plans d’eau douce en Amérique du Nord. L’organisation y parvient en formant des jeunes très talentueux, en les dotant de technologies de pointe et en leur offrant le soutien dont ils ont besoin pour donner vie à leurs solutions.

Logo d'AquaAction

« Pour nous, une partie des solutions réside dans l’innovation, la créativité et les technologies. C’est pourquoi, avec AquaAction, nous aidons à fonder des entreprises qui ressoudent des problèmes liés à la préservation de l’eau. En date d’aujourd’hui, nous travaillons maintenant avec 55 entreprises à travers le Canada! Ils développent de vraies solutions aux problèmes d’eau. Cela a un énorme impact autant écologique qu’économique. »

De notre famille à la vôtre

La famille de Gaspé Beaubien s’est réunie, déterminée à faire partie de la solution et à préserver cette précieuse ressource pour les générations à venir.

« Nous voulons informer toutes les familles du Canada au sujet de la crise de l’eau et ses enjeux comme nos petits-enfants l’ont fait dans notre famille. Nous le faisons depuis plus d’une décennie et nous continuerons à le faire aussi longtemps que nécessaire. – Nan-b de Gaspé Beaubien

L'expertise dans la préservation de l'eau est nécessaire pour la santé de tous les Canadiens.

« Nous sommes tous impliqués. »

Toute la famille de Gaspé Beaubien participe activement à la Fondation. « Certains sont plus impliqués que d’autres, comme François, notre plus jeune fils, qui est maintenant président d’AquaAction. Même si certains sont plus impliqués que d’autres, tout le monde est au courant de ce qui se passe. »

« L’eau est essentielle à la vie sur terre. Elle nous fait vivre, elle nous relie, elle nous nourrit tous. AquaAction est là pour aider chacun à trouver des moyens concrets de protéger l’eau douce pour les générations futures. »

– François de Gaspé Beaubien 

La jeune génération aspire à plus. Pour soutenir cette ambition, un comité des jeunes est en cours de création au sein du conseil d’administration de la Fondation. Il est essentiel d’inclure les jeunes dans ces conversations. Ils comprennent à quoi ressemblent les problèmes actuels et comment ils peuvent être résolus. Ils ont un lien unique avec l’avenir et il est important que leurs voix soient entendues. Nous avons tous un rôle à jouer – alors écoutons ceux qui sont en première ligne. 

Des changements climatiques, des infrastructures inadaptées, les nombreuses conséquences de la pollution de l’eau, la surconsommation, voilà quelques-unes des menaces qui pèsent sur nos approvisionnements en eau potable. Ensemble, nous pouvons travailler pour protéger cette précieuse ressource avant qu’il ne soit trop tard. Conservons ces sources d’eau propres et abondantes pour cette génération et les générations futures. Vous voulez en savoir plus ou discuter de ces enjeux? Contactez-nous.

Nous avons besoin d'une expertise dans la préservation de l'eau pour protéger notre environnement

Comment contribuer à la préservation de l’eau douce

L’eau douce est malheureusement de plus en plus menacée par les changements climatiques, les infrastructures mésadaptées, la pollution et ses conséquences. Face à cet enjeu de plus en plus préoccupant, chaque citoyen peut prendre des mesures pour préserver cette ressource précieuse. Dans cet article, explorez 9 façons concrètes de participer à la préservation de l’eau douce, à l’échelle individuelle et collective. Ensemble, nous pouvons faire évoluer la situation et entraîner les changements nécessaires pour l’avenir de l’eau douce. Découvrez comment vous pouvez agir dès aujourd’hui pour protéger cette ressource vitale pour les générations futures.

1. Soutenir des organismes engagés pour l’eau

Une manière simple, mais fort utile de contribuer à la préservation de l’eau douce est de soutenir des organismes travaillant activement pour la cause de l’eau. Vous le savez peut-être, notre organisme préféré du genre est AquaAction. Sa mission est de restaurer la santé de l’eau douce en Amérique du Nord en encourageant le développement d’innovations et de nouvelles technologies. Depuis ses débuts, AquaAction a aidé la création et l’expansion de plus de 25 entreprises partout au Canada.

Si vous croyez en la force des jeunes innovateurs d’ici, faites un don à AquaAction! Votre don sera déductible d’impôt et soutiendra des entrepreneurs des technologies de l’eau dans la création de solutions répondant aux défis en matière d’eau douce.

Logo d'AquaAction

2. S’engager politiquement 

Faites entendre votre voix en soutenant des politiques de préservation de l’eau et en encourageant les décideurs à prendre des mesures concrètes pour protéger cette ressource vitale. Si le cœur vous en dit, écrivez à votre député ou aux ministres pour parler de préservation de l’eau douce et de ses enjeux, présenter vos observations et vos expériences en tant que citoyen concerné. 

3. Supporter l’organisme de bassins versants de votre région

Au Québec, 40 organismes de bassins versants (OBV) coordonnent la gestion intégrée et concertée de l’eau par bassin versant sur près de 654 000 km². Ils s’engagent à protéger et à préserver le réseau hydrographique de leur territoire par des actions ciblées. En travaillant sans relâche pour s’assurer que des questions telles que la qualité de l’eau, la quantité et le changement climatique sont abordées, les OBV prouvent l’importance pour les individus de se rassembler pour une cause commune et de s’unir pour protéger leur environnement.

Trouvez votre OBV à l’aide du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec – ROBVQ.

4. Sensibiliser vos proches

La sensibilisation est la première étape pour changer les perceptions et les habitudes. C’est un processus continu qui prend inévitablement du temps. Partagez des informations sur la préservation de l’eau avec votre famille, vos amis et votre communauté. Discutez des liens entre l’eau et d’autres enjeux mondiaux tels que les changements climatiques, la sécurité alimentaire et la biodiversité. Montrez l’exemple en adoptant vous-même des pratiques responsables de conservation de l’eau. 

5. Suivre les pages de la Fondation de Gaspé Beaubien et AquaAction

Pour rester informé des actualités liées à la préservation de l’eau douce, à ses enjeux et aux solutions développées, il suffit de suivre les réseaux sociaux d’AquaAction et de la Fondation de Gaspé Beaubien. C’est une manière simple, mais efficace de savoir ce qui se passe et d’obtenir des informations pertinentes.

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6. Utiliser des produits respectueux de l’eau 

Lors de vos prochaines emplettes, pourquoi ne pas choisir des options biodégradables, non toxiques et respectueuses de l’environnement? De nombreux nettoyants, détergents et produits d’entretien écologiques sont disponibles sur le marché. Il en va de même pour les shampoings, les savons et autres produits de bain. Lisez attentivement les étiquettes pour repérer les certifications environnementales et les ingrédients non nocifs.

7. Utiliser l’eau intelligemment 

Préserver l'eau en Utilisant l’eau intelligemment

Avez-vous adoptez des habitudes économes en eau? Ce n’est sans doute pas la première fois que vous voyez ces recommandations, mais le fait est qu’à grande échelle ces petits changements peuvent faire une différence. Voici quelques exemples à mettre en place.

Utiliser l’eau intelligemment à la maison

Utiliser l’eau intelligemment à l’extérieur

Utiliser l’eau intelligemment partout

8. Suivre le travail de Réseau Environnement

L’organisme à but non lucratif Réseau Environnement est le plus important regroupement de spécialistes en environnement au Québec. Il rassemble des spécialistes des domaines public, privé et académique qui œuvrent dans les secteurs de l’eau, des matières résiduelles, de l’air, des changements climatiques, de l’énergie, de la biodiversité, et plus encore.Développez vos connaissances et restez informé à l’aide des publications du Réseau environnement ou devenez membre de l’association.

9. Travailler en partenariat avec AquaAction

Rencontre de mentorat aquaacton aquahacking

Si vous êtes entrepreneur ou chef d’entreprise, ou si vous possédez une expertise technologique ou scientifique, AquaAction voudra certainement collaborer avec vous! C’est l’occasion de travailler en partenariat avec l’organisme pour développer et mettre en œuvre des initiatives efficaces. Permettez aux membres de votre équipe de partager leurs connaissances et leurs expertises en offrant du mentorat aux jeunes innovateurs et entrepreneurs qui participent au Défi AquaHacking.

 

Chacun de ces gestes, combiné à une prise de conscience collective, peut avoir un impact significatif sur la préservation de l’eau douce. Combinons nos motivations et nos expertises. Travaillons de concert! Ensemble, nous pouvons assurer la durabilité de cette ressource essentielle pour les générations présentes et futures. Des actions existent à l’échelle individuelle, régionale, nationale, sociétale. Unissons-nous pour l’avenir et la préservation de l’eau!

1 an pour AquaEntrepreneur Québec!

Le 3 mai dernier, AquaAction et la Fondation de Gaspé Beaubien célèbraient le premier anniversaire d’AquaEntrepreneur Québec! Cette première année est une fierté pour tous. Notre motivation pour la protection de l’eau est plus forte que jamais et nous pousse à poursuivre le travail pour la préservation et la saine gestion de l’eau douce.

Soula Chronopoulos, présidente d’AquaAction, explique : « Notre programme AquaEntrepreneur est une preuve concrète que l’innovation est la clé pour résoudre les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés. Plus important encore, il a démontré que la croissance économique, l’impact environnemental et l’innovation peuvent coexister avec succès. L’avenir de notre eau douce dépend des solutions créées aujourd’hui, et cette nouvelle génération mène la voie. Nous sommes fiers de voir le succès qu’a connu le programme au cours de sa première année d’existence, et nous sommes déterminés à continuer de soutenir les entreprises émergentes pour qu’elles puissent créer un impact positif durable sur l’environnement. »

François de Gaspé Beaubien, président du conseil d’administration d’AquaAction, ajoute : « La famille de Gaspé Beaubien est fière d’avoir fondé AquaAction, organisme sans but lucratif, et de soutenir son programme AquaEntrepreneur. En travaillant avec des entreprises émergentes dans le domaine des technologies de l’eau, nous avons l’opportunité de contribuer à une gestion plus efficace de notre ressource la plus précieuse : l’eau. Nous allons continuer à mesurer notre impact afin d’atteindre et même surpasser nos objectifs. L’eau doit être considérée comme essentielle et être à l’agenda de toutes les corporations et les citoyens du pays. »

Découvrez AquaEntrepreneur

AquaEntrepreneur est un programme qui propulse la commercialisation et l’adoption de solutions innovantes en matière d’eau douce dans les municipalités ainsi que dans les secteurs industriels et de l’agriculture.

L’objectif est de révolutionner l’industrie de l’eau douce en équipant et soutenant des entreprises de technologies de l’eau afin de permettre à leurs projets pilotes de prendre pied dans des marchés cibles difficiles à atteindre. En rationalisant le processus de validation des solutions novatrices, ce programme peut aider à contrecarrer les changements climatiques et à alimenter le progrès économique, tout en veillant à ce que les pratiques mondiales de gestion de l’eau demeurent efficaces et efficientes.

Une première année remplie d’innovations

Au cours de cette première année, AquaEntrepreneur Québec a facilité le déploiement de cinq projets pilotes municipaux. 

Ce n’est que le début pour AquaEntrepreneur!

La deuxième cohorte d’AquaEntrepreneur Québec, qui vient d’être lancée, a connu une croissance sans précédent de 350 % des entreprises participantes, passant de 6 à 20, et prévoit d’atteindre ses objectifs triennaux dès la première année!

Avec le soutien de 2 millions de dollars du MEIE, le programme AquaEntrepreneur vise, d’ici 2025, la création de 200 emplois dans le secteur de la gestion de l’eau avec des retombées économiques de 150 000 millions de dollars. De plus, on prévoit le déploiement de 76 pilotes, soit le double de l’objectif de 38  projets pilotes prévus initialement. Trois nouvelles cohortes verront le jour d’ici 2025.

Grâce à une étroite collaboration avec les municipalités, les industries et les agences gouvernementales, AquaEntrepreneur Québec contribuera à améliorer l’efficacité de la gestion de l’eau, à promouvoir la durabilité environnementale et à stimuler l’innovation technologique. AquaAction, AquaEntrepreneur et la Fondation de Gaspé Beaubien participent à bâtir un avenir durable pour la gestion de l’eau dans les communautés locales et au-delà. Cette mission vous interpelle? Découvrez comment contribuer à la préservation de l’eau douce.

Augmentation des redevances sur l’eau : enfin!

La Fondation de Gaspé Beaubien salue avec enthousiasme l’annonce du premier ministre François Legault à la COP15. Celui-ci s’est engagé à déposer un projet de loi comportant des dispositions pour évaluer les frais d’utilisation de l’eau, à des fins commerciales au Québec et la mise en place de redevances. En combinant de telles mesures écofiscales en plus du Fonds Bleu avec une Agence canadienne de l’eau solide promis par Justin Trudeau, nous sommes sur la bonne voie pour restaurer et préserver les plans d’eau du Québec et du Canada.

L’engagement du gouvernement du Québec

Le gouvernement du Québec a récemment révélé qu’il n’avait reçu que 3 millions de dollars pour les prélèvements de 811 milliards de litres d’eau en 2021. Le premier ministre a jugé ce montant inacceptable. Un tarif plus équitable sera donc établi afin d’éviter les abus. Cette hausse sera versée comme redevance au Fonds bleu

Annoncé en août dernier, le Fonds bleu est doté d’un budget de 650 millions de dollars  pour le prochain mandat et est en partie financé par les redevances des industries qui utilisent notre eau. Il servira à financer des ressources dans divers projets de préservation des cours d’eau, comme le nettoyage des berges des rivières ou le rétablissement des bandes riveraines. Québec estime que le Fonds devrait atteindre 150 millions de dollars par année d’ici la fin du mandat de la CAQ.

« Le Fonds bleu est une initiative incroyablement importante et indispensable. Nous saluons en particulier son plan de redevances. Nous avons tous vu les impacts du maintien du statu quo et il est maintenant temps d’agir! J’ai bon espoir que ce projet apportera des changements positifs et des améliorations indispensables à la santé et la protection de l’eau. » – Nan-b de Gaspé Beaubien

« Le Fonds Bleu, doté de son plan de redevance, était une nécessité vitale et constitue un signal positif émanant du gouvernement du Québec. Nous avons foi en l’avenir du Québec, qui semble se diriger dans la bonne direction. Toutefois, nous souhaitons que, parmi les projets qui seront menés grâce à ce fonds, l’innovation, les technologies émergentes et l’entrepreneuriat soient placés au coeur des projets. » – Dominique Monchamp

Une initiative attendue et nécessaire

En août 2022, le premier ministre déclarait : « Au cours des ans, on a peut-être un peu trop tenu cette richesse-là pour acquise. On doit faire plus attention à notre eau au Québec. Quand on voit la sécheresse en France, aux États-Unis, au Mexique, on réalise à quel point cette eau est stratégique pour l’avenir. Pour moi et pour toute l’équipe de la CAQ, c’est devenu une priorité de protéger nos lacs, nos rivières et nos sources d’eau potable. Il faut donner plus d’amour à nos lacs et à nos rivières. » Nous sommes heureux de voir des actions suivre cette déclaration.

La Fondation de Gaspé Beaubien est du même avis. La préservation de l’eau est un enjeu des plus importants et doit être prise en considération dès maintenant. Nous attendions impatiemment de voir nos élus prendre l’avenir de l’eau au sérieux. 

L’avis des experts

Le Réseau Environnement recommande l’adoption de mesures écofiscales pour le secteur de l’eau depuis juin 2022. Il a même mis en place un comité d’expertes et d’experts composé de représentantes et représentants de municipalités, de gestionnaires d’infrastructures municipales, du milieu académique, de la société civile et du secteur privé pour discuter des dispositions du règlement en vigueur sur l’eau et des recommandations à suivre. 

Ce comité a créé un mémoire rassemblant, entre autres, six recommandations essentielles pour les redevances et une reddition de compte plus complète et plus transparente.

Leurs recommandations

  1. Accroître la divulgation des données sur les volumes d’eau prélevés et les différentes utilisations de l’eau au Québec
  2. Améliorer et équiper les industries avec les outils de gestion nécessaires
  3. Divulguer les projets ayant bénéficié des fonds de la redevance
  4. Repenser l’utilisation des fonds de la redevance
  5. Mettre à jour le taux de la redevance et le Règlement de manière plus régulière
  6. Réviser le montant de la redevance 

 

Le Réseau Environnement explique : « L’ensemble des constats et des recommandations faites dans ce mémoire aboutissent à la même conclusion, il faut revoir à la hausse le montant de la redevance. […] Le principe d’utilisateur-payeur, largement utilisé à travers le monde, implique que les utilisateurs doivent contribuer au financement de l’acquisition et du transfert de connaissances, ainsi qu’au système de gestion et aux mesures de protection. »

Selon lui, la meilleure solution est d’adopter une formule basée sur un nouveau taux de base qui serait ajusté en fonction des trois facteurs suivants : 

L’utilisation de l’eau ailleurs dans le monde

Des montants sont demandés aux utilisateurs de l’eau, ailleurs au Canada et dans de nombreux pays. Le tableau ci-dessous donne quelques exemples**. 

(Afin d’en faciliter la compréhension, un taux de change fixe a été utilisé pour convertir les euros en dollars canadiens : 1 € = 1,35 $).

 

**Source du tableau : Mémoire produit par Réseau Environnement – Révision des redevances exigibles pour l’utilisation de l’eau – Novembre 2022

 

Le Fonds bleu et la révision du montant de la redevance sont des étapes encourageantes vers la protection et le maintien des sources d’eau. Nous applaudissons cette décision et espérons que des actions seront rapidement mises en place. Afin d’assurer le bien-être des futures générations, des pratiques plus durables doivent être adoptées. Cela passe entre autres par de telles mesures écofiscales et gouvernementales.

Contribuez vous aussi à la préservation de l’eau douce!

COP15 : L’eau doit être à l’agenda!

La 15e Conférence des Parties (COP15) des Nations Unies se tient à Montréal du 7 au 15 décembre 2022. Cette rencontre internationale rassemblant des pays du monde entier sera axée sur la protection de la nature et les moyens de mettre un terme à la perte de biodiversité partout dans le monde. Il s’agit-là d’une mission noble et essentielle, mais, pour y arriver, un sujet d’importance majeure manque à l’agenda de l’événement : l’eau.

Dominique Monchamp, directrice générale de la Fondation de Gaspé Beaubien et membre des comités directeur des Coalitions québécoise et canadienne pour des eaux saines, explique : « Sans une eau de qualité et en quantité suffisante, il n’y a aucune chance de survie pour la biodiversité. C’est une ressource vitale pour toutes les espèces. » 

La Fondation de Gaspé Beaubien et tous les membres de la Coalition Canadienne pour des eaux saines ainsi que de la Coalition du Québec lancent donc un appel aux gouvernements participant à la Conférence. Voici la version française de leur lettre ouverte.


L’eau doit faire partie des discussions

« L’eau est une question de vie ou de mort » — António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies

À l’occasion de la COP15, où des représentants des pays du monde entier se réunissent à Montréal pour discuter de la biodiversité — qui se détériore et dont le déclin ne fera que croître si le statu quo est maintenu —, le Canada, pays hôte, aura une occasion unique et privilégiée de faire preuve, devant la communauté internationale, d’ambition et de détermination dans la défense, la protection et la préservation de la nature.

Le Canada devrait donc proposer des solutions novatrices, et nous sommes convaincus que l’une d’entre elles doit porter sur l’eau et sur la biodiversité qui en dépend. Trop souvent, l’eau est mise en second plan dans nos réflexions sur les moyens d’atténuer ou de combattre la crise climatique, et ce, du fait que le Canada dispose d’une quantité importante de cette ressource grâce à ses lacs, à ses rivières, à ses terres humides et à ses aquifères.

Le pays possède environ 20 % des réserves mondiales d’eau douce et 7 % de l’eau douce renouvelable du monde, pour une population représentant environ 0,05 % de la population mondiale. L’abondance de nos ressources en eau ne nous permet pas de voir clairement les répercussions négatives qui ne cessent de se multiplier à son endroit.

Nous avons le privilège de disposer d’eau en quantité, une ressource si précieuse et essentielle à la vie. Cet immense privilège, nous nous devons, vis-à-vis de la communauté internationale, de le gérer et de le protéger de manière adéquate. Or, nous croyons, et nous constatons, que les actions du gouvernement sont insuffisantes à cet égard.

Vulnérabilité écosystémique

En ce sens, au Québec seulement, le Saint-Laurent et nos rivières sont en état de vulnérabilité écosystémique. Dans les basses terres du Saint-Laurent, la naturalité globale de nos rivières est faible, ce qui les prive de leurs fonctions écologiques.

De plus, la majorité des espèces dont l’indicateur de statut est étroitement lié à l’eau sont en situation de précarité. Cela, sans compter l’état de nos infrastructures hydrauliques, qui ne cessent de se détériorer, nous faisant perdre des quantités importantes d’eau, la pollution de l’eau de nos rivières et de nos aquifères, qui est à la hausse, l’état des ressources en eau des autres provinces et encore bien d’autres facteurs inquiétants.

Les indicateurs sont clairs, nous sommes confrontés à une crise de l’eau, qui affecte directement la biodiversité, partout au Canada.

Des solutions concrètes et des mesures ambitieuses pour améliorer la situation existent déjà et des groupes comme le nôtre les ont déjà largement exposées. Mais pour mettre en oeuvre ces solutions et ces mesures, le gouvernement du Canada doit investir davantage pour mieux protéger le Saint-Laurent, nos fleuves, nos rivières, nos lacs, nos milieux humides et nos aquifères, la qualité de leur eau et la santé des résidents contre les effets néfastes des changements climatiques et des substances toxiques. Il faut aussi en faire plus pour les espèces qui y vivent et qui en dépendent.

Des partenaires

Les gouvernements ne doivent pas mener cette bataille seuls. Cette bataille est aussi celle de la société dans son ensemble. Nous voulons être des partenaires pour nos gouvernements afin de les faire profiter de notre expertise. L’eau est le sujet que nous connaissons le mieux. Nous voulons défendre et protéger cette ressource et, pour ce faire, utiliser nos savoirs et nos connaissances, qui ne font que croître. La capacité d’innover est grande au Québec, tout comme la culture du partage de solutions durables dont nous devons pouvoir tirer profit.

Nous avons le privilège de disposer d’eau en quantité, une ressource si précieuse et essentielle à la vie.

Le Canada doit être — et se permettre d’être — plus ambitieux sur le plan de l’eau, car notre avenir en dépend. Le gouvernement du Canada doit donc profiter de la COP15 pour faire preuve d’ambition et montrer au reste du monde qu’il est déterminé à s’attaquer à cette crise de manière à réaliser les objectifs de la Convention sur la diversité biologique.