Plus de 30 ans d’implication et d’innovation pour la Fondation

Depuis 1990, avec la Fondation de Gaspé Beaubien, Nan-b et Philippe II de Gaspé Beaubien partagent temps et ressources à l’échelle locale, nationale et, même, internationale. Leurs valeurs de partage, d’innovation et de développement durable sont les piliers de la Fondation. Trente-deux ans plus tard, ces valeurs animent toujours chacune de leurs décisions. Obtenez un aperçu de cette vision humaine et de son origine.

Avant la Fondation de Gaspé Beaubien : Télémédia

C’est suite au succès de leur entreprise Télémédia que Philippe II et Nan-b ont décidé de créer la Fondation de Gaspé Beaubien. La réussite de l’entreprise rendait possible leurs aspirations philanthropiques.

Lancée en 1968, Télémédia était une entreprise médiatique. Elle comptait des magazines et plusieurs stations de télévision et de radio. Dans les années 1980, Télémédia était propriétaire du plus important réseau de radio privée et reconnue comme l’un des plus grands éditeurs de magazines au Canada. Certaines des marques fondées et popularisées par Télémédia font encore aujourd’hui partie du paysage médiatique canadien. On peut entre autres penser à Coup de pouce, Elle Québec, Elle Canada, TVHebdo et Canadian Living.

Passion et engagement dès le début

Fiers de leur succès dans le monde médiatique, Philippe II et Nan-b se sont lancés dans la sphère philanthropique avec la création de la Fondation de Gaspé Beaubien. Redonner à la communauté était plus qu’un souhait pour eux. Ils étaient motivés par l’idée d’aider d’autres familles en affaires à atteindre un équilibre entre les affaires et la famille et assurer une succession harmonieuse des entreprises. Ils voyaient cela comme un devoir. L’approche de la Fondation se base donc sur trois principes : échanger avec les parties prenantes pour comprendre leurs besoins et déterminer ensemble les actions clés du projet; fournir les capitaux initiaux nécessaires au développement du projet; établir les critères de succès et évaluer l’impact du projet, et assurer la pérennité du projet par la recherche de financements durables. 

Notre mission : Écouter, échanger et travailler de pair avec la communauté pour amorcer ensemble des actions et des changements durables

Pour nos fondateurs, depuis plus de 30 ans, les différents projets et programmes de la Fondation sont un travail à temps plein. « Le fait est que nous avons travaillé aussi fort à redonner notre argent que nous l’avons fait pour le gagner. On veut prendre part à des projets et des causes qui nous tiennent réellement à cœur, auxquels on croit. On veut s’impliquer de façon efficace et à long terme. » – Philippe II et Nan-b de Gaspé Beaubien

De génération en génération, les membres de la famille de Gaspé Beaubien s’impliquent personnellement et activement. Leur contribution est bien entendu financière, mais aussi et surtout humaine. Ils partagent temps et efforts dans chacun des projets de la Fondation. Ils s’impliquent personnellement et ils veulent absolument que leurs dons soient dédiés à des activités impliquant des humains, pas seulement à des infrastructures, de l’équipement  ou des espaces.

Familles en affaires

Dans les années 90, alors que la démarcation entre les préoccupations familiales de la famille de Gaspé Beaubien et les préoccupations de l’entreprise devenait de plus en plus floue, Philippe et Nan-b ont réalisé que leurs entreprises étaient peut-être uniques, mais que leur réalité de famille en affaires était incroyablement semblable à celles de leurs pairs. De fil en aiguille, la cause des familles en affaires est ainsi devenue le premier projet de la Fondation.

En 1999, le programme créé par la Fondation de Gaspé Beaubien est devenu un organisme sans but lucratif à part entière et la Fondation des familles en affaires est née. Plus de 20 ans plus tard, l’OSBL est toujours en activité et continue d’évoluer sous le nom Fondation des Familles entrepreneuriales (FFE).

Le domaine de la santé

De 2006 à 2014, la Fondation de Gaspé Beaubien a investi tout près d’un million de dollars dans le domaine de la santé. 

La Fondation s’était associée au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) des Sommets (MRC des Laurentides) pour la création et la mise en place de plusieurs programmes. Au cours de ces huit années, l’équipe a mené à terme de nombreux chantiers. Un nouveau mode de cogestion médico administrative a été instauré; du coaching et plusieurs activités de codéveloppement entre directeurs médicaux et clinico-administratifs ont été offerts; l’accueil et l’intégration des médecins au CSSS ont été consolidés; des ateliers d’intéressement à la gestion et au modèle de cogestion ont été créés; et bien plus.

La cause de l’eau

Depuis quelques années, l’eau douce est la cause principale de la Fondation. En 2015, l’organisme sans but lucratif AquaAction a donc été mis en place. En seulement 6 ans, l’organisme a participé à la création de plus de 35 start-ups innovantes partout au pays par l’entremise de ses Défis AquaHacking. C’est certainement l’une de leurs plus grandes réalisations.

Le plus récent projet? Une toute nouvelle campagne de sensibilisation. Cette campagne d’envergure nationale a été lancée en mars. L’objectif est de sensibiliser le public aux problèmes critiques liés à l’eau et aux solutions de pointe qui émergent pour les résoudre.

Découvrez comment vous impliquer!

Maison Phoenix

Habitant dans les Laurentides depuis plus de 40 ans, Philippe II et Nan-b aiment particulièrement cette région. Au fil des ans, ils ont donc pris part à plusieurs projets laurentiens. En 2022, ils ont annoncé qu’ils soutiennent la Maison Phoenix, un nouvel organisme sans but lucratif de la région. 

La mission de Maison Phoenix fusionne communauté et intergénérationnel. L’organisme offrira des appartements pour personnes âgées de 65 ans et plus. Le bâtiment sera tout prêt de la nouvelle école publique du village de Val-David afin de faciliter les échanges intergénérationnels entre les résidents et les élèves. Dans le respect de sa vision humaine, la Fondation de Gaspé Beaubien contribue à l’embauche d’une ressource à la coordination des activités intergénérationnelles de l’organisme.

 

Nan-b et Philippe II peuvent être fiers des réalisations de la Fondation de Gaspé Beaubien. La vision humaine et philanthropique d’il y a 30 ans demeure bien vivante. Elle les guide au quotidien et anime également leurs enfants et leurs petits-enfants. L’avenir de la Fondation et de ses projets est entre bonnes mains!

Le saviez-vous : ParticipACTION, une initiative signée de Gaspé Beaubien

La Famille de Gaspé Beaubien a su se tailler rapidement une place importante dans le domaine de la philanthropie au Canada. Pionnière de sa mission philanthropique à soutenir le développement d’une prospérité sociale durable dans leur communauté, la famille a toujours su faire valoir son côté visionnaire et bâtir des projets d’impact qui perdure.

Parmi toutes les réalisations de la Famille de Gaspé Beaubien, saviez-vous que Philippe de Gaspé Beaubien a été le Fondateur, Président et Chef du conseil de ParticipACTION ?

 

Une mission d’importance nationale

En 1969, c’est à la suite d’un appel  de monsieur Pierre-Elliott Trudeau que Philippe de Gaspé Beaubien a accepté le défi de présider le Conseil canadien sur la condition physique et le sport amateur. Soulevé par un urgent besoin d’agir, il devait d’abord déterminer exactement l’état actuel de la condition physique des Canadiens avant d’entreprendre quelques initiatives que ce soit. Une étude de recherche a alors été commandée sur une période de six mois. Le résultat était sans équivoque : la population canadienne était sédentaire et complètement hors forme.

« Je me souviens encore, à ce jour, du choc que nous avons ressenti avec l’ensemble du conseil lorsqu’il a été révélé que 85 % des Canadiens passaient leur temps libre devant une télévision ou en voiture. […] Nous n’allions certainement pas laisser cette situation perdurer. » – Philippe de Gaspé Beaubien

 

Une approche marketing novatrice

Allumé par l’urgence de renverser la vapeur, Philippe de Gaspé Beaubien proposa alors à M. Trudeau de créer un organisme dont le mandat serait de sensibiliser la population canadienne à l’importance de bouger quotidiennement. 

« J’avais préparé un argumentaire sur la façon dont le corps humain est censé bouger et sur le fait que je voulais cibler les jeunes pour leur inculquer de bonnes habitudes dès le plus jeune âge. Une partie de cette campagne nationale visait à changer la perception et les attitudes des Canadiens à l’égard de l’activité physique. Pour bien faire les choses, nous aurions besoin d’un financement important. » – Philippe de Gaspé Beaubien

Un budget minimal de cinq millions de dollars avait été estimé à l’époque afin de lancer une telle offensive de sensibilisation auprès de la population. Devant l’importance de la somme, M. Trudeau avait offert un financement de démarrage équivalent à la moitié du budget sur une période de quelques années à condition que la balance du montant puisse être récoltée ailleurs.

Philippe de Gaspé Beaubien démontra encore une fois son habileté à innover en matière d’approche marketing en lançant ParticipACTION. Grâce au soutien financier du gouvernement et des principaux médias nationaux, ils ont été en mesure de recueillir les fonds nécessaires à la promotion de l’activité physique à l’échelle nationale.

La réflexion stratégique derrière la création d’une campagne d’envergure nationale pour motiver l’ensemble de la population à adopter un style de vie actif était assez novatrice à l’époque. Grâce à Philippe de Gaspé Beaubien, ParticipACTION a largement contribué à l’avancement du marketing social et des communications dans les domaines de la santé, des sports et de l’activité physique.

« ParticipACTION était un excellent titre bilingue. Nous avons mobilisé des publicités à la télévision, à la radio et dans les journaux. Et au cours de ces premières années, nous avons récolté 2 millions de dollars d’espace médiatique invendu, une somme que le gouvernement a égalée. La réponse a été extraordinaire et nous avons réussi à mobiliser les communautés à travers le Canada. » – Philippe de Gaspé Beaubien

 

Viser l’excellence à long terme

La Famille de Gaspé Beaubien favorise depuis toujours des plans d’action réfléchis et concrets qui mènent leurs initiatives vers des résultats d’excellence, tout en gardant une vision à très long terme. Comme avec AquaHacking et la Fondation des  Familles en affaires, le concept de redonner à la communauté reste au cœur de leurs actions et c’est ce qu’ils ont réussi avec ParticipACTION. 50 ans plus tard, ParticipACTION existe toujours et est devenu un modèle dans la promotion de l’activité physique à l’échelle internationale, hissant le Canada parmi les dix pays les plus actifs. 

ParticipACTION soutient encore aujourd’hui la population à profiter d’une vie quotidienne plus active au sein même de leur localité, permettant ainsi à nos gouvernements d’économiser annuellement des millions de dollars en frais médicaux curatifs.

« Je serai toujours très fier d’avoir travaillé aux côtés de ceux et celles qui ont lancé et soutenu ParticipACTION durant toutes ces années. Leur engagement hors du commun nous a tous aidés à devenir meilleurs.» – Philippe de Gaspé Beaubien

 

Deux faits à savoir à propos de la famille de Gaspé Beaubien

La famille de Gaspé Beaubien est reconnue pour son engagement dévoué dans le domaine de l’eau, notamment grâce à son initiative AquaHacking. Pionnière dans l’accompagnement des familles en affaires à travers le monde, la famille de Gaspé Beaubien compte à son actif d’importantes implications philanthropiques depuis des décennies, certaines moins connues, mais toutes aussi honorables.

Voici deux faits intéressants que vous ne saviez peut-être pas sur la famille de Gaspé Beaubien.

Un engagement auprès de la Harvard Business School

Saviez-vous qu’à l’université Harvard Business School se trouve la salle de lecture de Gaspé Beaubien? 

Gaspe Beaubien room

Cette salle a été ainsi nommée en l’honneur du soutien familial des Collections historiques de la Bibliothèque Baker avec un don de 7.7 millions de dollars. Cette donation a permis en 2004 la rénovation de la bibliothèque ainsi que la préservation de la plus grande collection de ressources d’érudition en histoire commerciale,  économique ainsi qu’en études interdisciplinaires. 

La collection inclut des milliers d’articles, des dossiers d’affaires, des journaux et de la correspondance, des documents de recherche, des livres rares, des documents éphémères ainsi que des documents visuels. Ces ouvrages fournissent des preuves documentaires qui permettent aux universitaires d’étudier de première main les théories, les organisations et les mouvements importants relatifs au domaine des affaires.

Dans une perspective de poursuite de leur mission avec les familles en affaires à travers le monde, ce don permet d’investir dans ce champ d’études et ainsi, soutenir et mieux outiller les gens qui veulent réaliser un rêve entrepreneurial. 

Depuis deux générations, ils entretiennent des liens privilégiés avec la Harvard Business School (HBS), puisque M. de Gaspé Beaubien et les trois enfants du couple, Philippe III, François, et Nanon, sont tous diplômés de l’HBS. Ainsi, en souhaitant honorer la tradition anglo-saxonne qui consiste à redonner à l’établissement d’enseignement de niveau supérieur, Nan-b et Philippe ont offert ce  généreux cadeau. De plus, ils ont été tous deux membres du conseil d’administration des conseillers du doyen de 1995 à 2000, et M. de Gaspé Beaubien a été membre du comité invité et de son conseil consultatif canadien.


Un programme communautaire « Santé pour tous »

Saviez-vous que la famille de Gaspé Beaubien a été très engagée dans le domaine de la santé? 

En effet, la Fondation Gaspé Beaubien a investi près de 3 millions de dollars dans un projet pilote avec le CSSS de Sainte-Agathe-des-Monts : le programme communautaire « Santé pour tous ». 

Cette initiative avait pour but d’améliorer la relation entre les dirigeants du système de la santé et les médecins. À travers cet engagement auprès d’un établissement local, la Fondation souhaitait fournir un soutien de proximité au développement de cet environnement particulièrement complexe que constitue un système local de santé. Son implication consistait alors à cibler des actions susceptibles d’améliorer le fonctionnement de l’établissement au quotidien en mettant de l’avant des principes de cogestion. La revalorisation des ressources humaines et le positionnement du patient étaient au cœur même des actions mises en place dans le cadre de ce programme communautaire.

La Fondation de Gaspé Beaubien avait établi un programme échelonné en plusieurs phases qui impliquait des activités de coaching, de codéveloppement entre directeurs médicaux et clinico-administratifs, de consolidation de l’accueil et de l’intégration des médecins au CSSS, une introduction au modèle de cogestion ainsi que des ateliers thématiques pour les médecins en position de leadership. L’objectif global consistait à mobiliser les équipes de soins à travers la mise en œuvre des différents volets d’un tout nouveau modèle de cogestion.

Ce partenariat a permis notamment de faire bénéficier l’établissement public de leur grande expertise en gestion et de l’aide d’experts des milieux académique et professionnel.

Malheureusement, le projet-pilote n’a pu être mené à terme, puisque tout a basculé lorsque les CSSS sont devenus des CISSS. La structure du projet était basée sur un principe de CSSS et le changement impliquait un recommencement à zéro du processus complet. 

 

Forte de son expertise reconnue dans le domaine des affaires et de l’entrepreneuriat, la famille de Gaspé Beaubien contribue à soutenir des initiatives favorisant un développement social durable. C’est en ayant à cœur ses valeurs et en encourageant la philanthropie entrepreneuriale qu’elle contribue à la durabilité des projets dans lesquels elle s’implique.

Une pause à contrecœur pour le Club des Intrapreneurs

En mars dernier, l’arrivée de la pandémie allait chambouler la vie de tous. Le Québec et le reste de la planète se sont mis en pause pour se protéger et laisser la courbe de contagion s’aplatir. Pour M. et Mme de Gaspé Beaubien, c’est le rêve d’une vie qui allait être mis sur la glace. 

Après 5 années à s’investir dans un projet d’une valeur sentimentale inestimable, c’est le coeur déchiré qu’ils ont dû prendre une décision douloureuse : interrompre les activités du Club des Intrapreneurs.

C’est avec beaucoup d’émotions que M. et Mme de Gaspé Beaubien se sont confiés à propos de la motivation derrière cette initiative entrepreneuriale et des apprentissages tirés tout au long de cette aventure. 

Une histoire de famille

C’est lors d’une promenade au manoir que M. et Mme de Gaspé Beaubien se sont questionnés à propos du lègue qu’ils feraient à leur famille ainsi qu’aux générations futures. Cette volonté de faire une différence dans la société anime les familles membres de la Fondation des Familles en Affaires (BFF). Cette initiative a été créée par M. et Mme de Gaspé Beaubien il y a plus de 20 ans. 

Pour sa part, Mme de Gaspé Beaubien rêvait d’aider les jeunes de la génération actuelle qui n’ont pas nécessairement les moyens d’accéder à une éducation. Elle souhaite que ceux-ci puissent avoir la chance de devenir des citoyens aptes à contribuer à la société. Il y a de cela quelques années, Mme de Gaspé Beaubien partagea à son mari l’histoire d’une amie d’université qui avait pu accéder aux études supérieures grâce à une fondation créée par son grand-père. Cette histoire était pour elle très touchante et reflétait bien l’importance de faire une différence. 

Quant à lui, M. de Gaspé Beaubien a voulu fonder sa propre entreprise dès son jeune âge. Après plusieurs années d’expérience, on peut sans contredit affirmer qu’aujourd’hui, les difficultés de l’entrepreneuriat au Québec n’ont plus de secrets pour lui. Plus que jamais, il souhaite aider d’autres jeunes entrepreneurs de leur famille qui souhaitent démarrer leur entreprise, et par le fait même, en faire bénéficier d’autres jeunes ne faisant pas partie de la famille de Gaspé Beaubien.

C’est dans cette perspective que l’idée de mettre sur pied le Club des Intrapreneurs (CI) est née.

La naissance du projet du Club des Intrapreneurs (CI)

L’objectif premier du Club des Intrapreneurs (CI) était d’aider les membres des générations futures de la famille de Gaspé Beaubien, ainsi que toutes autres personnes intéressées, à s’établir à long terme en tant qu’entreprise, fondation ou même philanthropie au Québec. 

À la recherche d’un modèle intéressant et intelligent, M. et Mme de Gaspé Beaubien ont parcouru le monde afin d’évaluer les systèmes de gouvernance déjà établis au sein de familles à l’international. 

Après 5 ans de recherches, ils ont fait la rencontre de la Famille Mulliez en France. M. et Mme de Gaspé Beaubien sont alors très inspirés par le concept de gouvernance mis en place au sein de leur famille. En effet, cela permet de transmettre l’esprit entrepreneurial aux membres de celle-ci.

Développement de l’initiative du Club des Intrapreneurs (CI)

Lorsque Nan-b a commencé à travailler avec les jeunes participants de l’initiative AquaHacking, elle a été épatée par leur grande habileté à trouver des solutions face aux enjeux de l’eau. En revanche, ils n’avaient pas les notions nécessaires afin de bien gérer une entreprise. Ces jeunes avaient besoin d’aide. 

« Le Canada est formidable au niveau de l’éducation, de la théorie et de la recherche, mais nous sommes épouvantables pour mettre en pratique ces enseignements et en faire des entreprises à succès. » – Mme de Gaspé Beaubien 

Constatant qu’au Québec et en Ontario, seulement 10% des entreprises en démarrage survivent, M. et Mme de Gaspé Beaubien se sont alors questionnés par rapport à la manière dont ils pouvaient aider ces entrepreneurs. 

Après de nombreuses observations, ils convoquent une réunion familiale avec tous les enfants et petits-enfants. La question suivante leur est alors posée : « Quand croyez-vous être prêts à postuler pour un prêt et du support pour démarrer votre entreprise? Ce prêt financier sera accompagné d’un système qui supportera les jeunes entrepreneurs avec du mentorat et du coaching. »

Leur réponse fut unanime : pas avant 5 à 10 ans. Ensemble, ils conclurent qu’il serait intéressant d’élargir le cadre de leur famille afin d’inclure des gens qui ne sont pas des membres de la famille, mais qui partagent les mêmes valeurs et qui pourraient devenir d’éventuels associés. Cette idée sera un excellent moyen de tester le système de support et y déceler les points forts et les points à améliorer.

C’est avec l’aide de leurs précieux collaborateurs, Jean-François et Caroline, qu’ils ont pu passer en entrevue plus d’une centaine de candidats potentiels. Seulement deux candidats ont été sélectionnés afin de participer à la phase 1 de CI. 

À la suite de la sélection des intrapreneurs, deux conditions se devaient d’être respectées afin d’obtenir le support de la fondation :

  1. Former un comité aviseur à des fins de rencontres mensuelles afin de les amener à se dépasser.
  2. Suivre de la formation, assister à des séances de coaching afin de les aider à former un réseau avec d’autres experts et professionnels. 

Cette deuxième condition donna naissance au Club d’apprentissage, chapeauté par Mme de Gaspé Beaubien, qui participa aux rencontres tenues toutes les 4 à 6 semaines. 

La clé du succès du Club des Intrapreneurs fût la mise sur pied de ce système de support continu, en parallèle aux efforts constants des intrapreneurs. L’ouverture de ces derniers face au mentorat et au coaching a également été un élément déterminant. Ce partenariat avec la famille leur a permis de se sentir accompagnés et guidés.

L’interruption temporaire du Club des Intrapreneurs (CI) 

Malheureusement, au moment où le coronavirus est survenu, la majorité des entrepreneurs ont perdu leurs clients. Du coup, les investissements ont également chutés. Afin d’assurer la suite du Club des Intrapreneurs, une collaboration avec d’autres familles était nécessaire afin de tenir le coup, puisque les besoins en capitaux étaient trop importants.

Qu’en sera-t-il du monde après le virus? Assurément, le monde de l’entrepreneuriat ne sera plus jamais le même. En cette période d’incertitude,  la douloureuse décision d’interrompre le Club des Intrapreneurs se devait d’être prise par la Fondation de Gaspé Beaubien. Ce fût un verdict crève-cœur considérant tous les efforts investis par l’équipe dans ce projet.

Pour les fondateurs, il y a toujours une solution à un problème. Cependant, dans le contexte actuel de la Covid-19, la seule solution envisageable pour eux est le vaccin. En effet, il est impossible de diriger un programme aussi innovateur en n’ayant pas la possibilité d’être présent et travailler activement avec les collaborateurs. La seule solution afin de protéger les membres de la famille d’une contamination potentielle est donc de mettre sur la glace l’initiative du Club des Intrapreneurs. 

« Une page est tournée, mais le chapitre n’est pas terminé. Une fois qu’un vaccin est disponible, nous serons prêts à agir. » – Mme de Gaspé de Beaubien.

Pour M. et Mme de Gaspé Beaubien, ce n’est pas la fin du Club des Intrapreneurs. Ce n’est que l’interruption de la phase 2.

Leçons et apprentissages

Malgré cette période difficile, les fondateurs de l’initiative et leur équipe ressortent grandis de cette aventure mémorable ayant durée 5 ans. En effet, plusieurs leçons en ont été tirées, ce qui demeure plus significatif que les pertes de temps et d’argent des dernières semaines. Parmi ces apprentissages, on retient notamment une première leçon, soit l’importance de faire des efforts afin de mériter de l’aide financière et du support.  Les principes de travail et de persévérance resteront au coeur des initiatives de la Fondation de Gaspé Beaubien et seront transmis aux générations futures.

« Jamais nous ne pourrions avoir du regret envers cette expérience. Plus que jamais, nous sommes convaincus que cette formule du Club des Intrapreneurs est la clé aux problèmes auxquels font face les jeunes entrepreneurs aujourd’hui. » – Philippe de Gaspé Beaubien.

La deuxième leçon énoncée par M. et Mme de Gaspé est d’initier très tôt les jeunes intéressés à l’entrepreneuriat. Il est essentiel de les préparer très jeunes, avant même qu’ils décident de démarrer leur propre entreprise, afin de leur donner toutes les chances de réussir.

Désormais, Mme de Gaspé Beaubien vise à partager tout l’apprentissage cumulé dans le cadre du Club des Intrapreneurs aux entrepreneurs du projet AquaHacking. De plus, cette expérience servira de pilote éventuel aux plus jeunes de la famille.

L’espoir du futur

Durant les 5 dernières années, M. et Mme de Gaspé Beaubien ont travaillé sans relâche pour faire valoir leurs valeurs et le projet à travers le Québec. Leur objectif était d’étendre la portée de ce système de support à l’échelle nationale.

Pour eux, il est grand temps de commencer à former une culture entrepreneuriale qui saura perdurer. Le club était la meilleure solution aux problèmes d’entrepreneuriat du Québec et du Canada. Après avoir passé 50 ans à aider des familles à travers le monde, ils sont convaincus qu’il s’agit du meilleur système actuellement en place pour aider des gens qui veulent réaliser un rêve entrepreneurial.

« Le message que je souhaite laisser, c’est de ne pas lâcher. Il y a toujours de l’espoir, toujours un moyen de réussir. Du moment que tu crois en ça toi-même et que tu es prêt à travailler, tu vas réussir. C’est ce que nous avons fait avec l’Expo 67. Nous nous sommes prouvés que nous étions capables de faire quelque chose au Québec et ce fut l’une des plus grandes expositions du monde. Ça a été fait ici, avec nos gens.» – Philippe de Gaspé Beaubien.

M. de Gaspé Beaubien souhaite voir d’autres familles, le gouvernement, ainsi que d’autres institutions se rallier à ce système pour le faire perdurer. Par sa détermination et sa passion, la Fondation de Gaspé Beaubien était là pour démarrer l’initiative du Club des Intrapreneurs, mais elle ne peut la supporter seule. Somme toute, cette expérience a contribué à ouvrir la route à un avenir entrepreneurial québécois. 

« Il y a toujours un avenir. Toujours. Aussi longtemps que vous avez la santé, vous pouvez réussir et persévérer avec vos idées. Pour le moment, ceci représente un échec. Par la suite, nous continuerons d’avancer. » – Mme de Gaspé de Beaubien

Une fusion réussie et un avenir prometteur pour la Fondation des Familles entrepreneuriales

Les familles en affaires sont au cœur de l’économie canadienne en générant aujourd’hui 48,9% du PIB du secteur privé et représentant 63,1% de toutes les entreprises privées nationales. Depuis toujours, elles font face à des défis communs qui impactent directement leur rôle de leadership au sein de nos communautés, mais aussi leur pérennité générationnelle. 

Appuyée par plusieurs partenaires, la Fondation de Gaspé Beaubien a créé au Canada, il y a plus de 30 ans, la Fondation des Familles en Affaires (BFF). Celle-ci vise à aider, appuyer et accompagner les familles en affaires de partout dans le monde. C’est avec une immense fierté que la famille de Gaspé Beaubien voit leur initiative se perpétuer grâce à la fusion stratégique entre la BFF et la Family Enterprise Xchange Foundation. 

Grâce à cette union, La Fondation des Familles entrepreneuriales (FFE) voit le jour à une période charnière où l’économie mondiale tente de se relever de la crise de la pandémie de la COVID-19. Les entreprises familiales ont besoin, plus que jamais, de saisir toutes les opportunités de contribuer à la reprise économique et d’obtenir tout le support et l’accompagnement d’une telle fondation.

Familles en affaires (BFF) : Un héritage riche en apprentissages

C’est en ayant à coeur l’entrepreneuriat québécois et canadien et en voulant assurer la pérennité de l’entreprise familiale pour les générations futures que M. et Mme de Gaspé Beaubien ont développé la Fondation des Familles en affaires. Depuis plus de 30 ans, ils ont mis sur pied un concept unique issu des nombreuses années d’implication, tant au niveau des recherches que du développement de ressources d’accompagnement et de mentorat auprès des entreprises familiales.

La documentation disponible à l’époque était très limitée, comptant seulement des écrits et des services d’aspects légaux et financiers. Voulant eux-mêmes léguer l’entreprise familiale à leurs enfants, ils souhaitaient leur transmettre, en plus des informations légales et financières, l’accès à des ressources traitant de l’importance de la dynamique familiale, de la notion de propriété ainsi que d’une philosophie de soutien entre les membres de la famille.

Leur expérience en matière de création d’une grande entreprise médiatique familiale les a encouragés à rejoindre d’autres familles entreprenantes. Ainsi, leur support a non seulement permis d’aider ces « familles apprenantes » et à les rendre plus autonomes, mais cela a également contribué à un essor économique. 

« Nous sommes très heureux et grandement rassurés de la continuité de notre projet d’accompagnement d’entrepreneuriat familial. Après avoir investi plus de 30 ans de notre vie dans la Fondation des familles en affaires, savoir que ce projet va se perpétuer dans le temps, c’est de la musique à nos oreilles. Nous souhaitons longue vie à FFE. » – Philippe de Gaspé Beaubien.

M. et Mme de Gaspé Beaubien siègent maintenant en tant que membres honoraires du conseil d’administration de la Fondation de l’entreprise familiale (FFE) tout en assurant la présidence de la Fondation de Gaspé Beaubien. Ils consacrent leur temps et leur énergie à la philanthropie via leur Fondation familiale. 

Transmettre leurs connaissances, leur sagesse et servir les autres reste au coeur de leur passion et de leurs actions. 

À propos de la FFE (Fondation des Familles Entrepreneuriales)

En tant que voix unifiée des entreprises familiales au Canada, la Fondation des Familles entrepreneuriales (FFE) est un organisme de bienfaisance axé sur les ressources éducatives, la recherche et la durabilité de ces entreprises familiales. Il favorise le succès et la longévité des entreprises familiales canadiennes à l’échelle nationale.

En tant que représentante des entreprises familiales canadiennes, la FFE développe des formations sur mesure ainsi que des outils pédagogiques spécialisés, dont certains permettent également de former et de certifier des conseillers en entreprise familiale. 

Conclusion

La fusion réussie de la Fondation des familles entrepreneuriales annonce un avenir prometteur pour les familles d’entrepreneurs et leurs entreprises. La mission de soutenir, aider et accompagner les familles d’affaires permettra d’assurer leur durabilité et leur harmonie pour les générations à venir. 

M. et Mme de Gaspé Beaubien sont convaincus que c’est grâce au soutien d’organismes tels que la BFF et la FFE que des recherches peuvent être menées afin de mieux comprendre les défis auxquels sont confrontées les entreprises familiales au Canada et les occasions qui s’offrent à elles. M. et Mme de Gaspé Beaubien continueront de mettre tout leur coeur et leur passion pour l’entrepreneuriat familial dans le FFE aux côtés de leurs chers partenaires et précieux collaborateurs.

Entreprises familiales : l’avenir se discute à Charlevoix

Du 15 au 17 novembre prochain, Charlevoix sera le théâtre du tout premier Families Summit of Minds en Amérique du Nord. Cette initiative commune du Montly Barometer et de la Fondation des Familles en Affaires (BFF) rassemblera des membres de familles entrepreneuriales, des investisseurs, des leaders d’opinions et des créateurs de changements pour réfléchir ensemble aux grands enjeux des entreprises d’aujourd’hui.

Des échanges inspirés dans un cadre inspirant

Le sommet de trois jours a pour but de stimuler les échanges et les réflexions à propos de nombreux aspects de la réalité entrepreneuriale d’aujourd’hui et de demain, et ce, dans une ambiance détendue et positive. Les participants auront la chance de profiter de l’environnement naturel enchanteur de Charlevoix tout en prenant part au grand remue-méninge qui s’articulera autour de trois thèmes principaux : les entreprises familiales, l’économie globale et la géopolitique, ainsi que le bien-être.

Le programme complet du sommet est disponible sur le site de la Fondation Familles en Affaires.

Une affaire de familles

La Fondation des Familles en Affaires (BFF) est une initiative de la Fondation de Gaspé Beaubien. La BFF a pour but d’appuyer les entreprises familiales de toutes tailles à l’échelle internationale. Bien que la famille de Gaspé Beaubien ait pris la décision de laisser la gouvernance aux bons soins d’autres familles très compétentes, elle demeure activement et financièrement impliquée auprès de la BFF. En effet, ayant toujours à cœur le succès et l’évolution des entreprises familiales, les de Gaspé Beaubien continuent à ce jour à agir en tant que conseillers de confiance pour la BFF.

C’est d’ailleurs à titre d’experte en entrepreneuriat familial que Nan-B de Gaspé Beaubien prendra part au panel de discussion du vendredi 16 novembre à propos du leadership et des femmes aux côtés de Rachel Kiddell-Monroe, Marie Pier Germain et Françoise Gagnon. Fervente défenseur de la place des femmes en affaires, elle abordera l’implication des femmes au sein des entreprises familiales ainsi que l’impact de leur inclusion sur la performance de ces entreprises.

La Fondation de Gaspé Beaubien, issue d’une longue tradition d’entreprises familiales, est fière d’investir pour assurer le succès à long terme d’entreprises familiales. Selon la vision de la famille de Gaspé-Beaubien, c’est à force de travail, d’étude et de collaboration qu’on peut aider les entreprises familiales à prospérer et à mener à bien des projets ambitieux qui rejaillissent sur les communautés, petites et grandes.

La Fondation reçoit le prix "Leader pour l’eau" 2017

Quelle soirée extraordinaire nous avons passé au Gala annuel de la Sentinelle de la rivière des Outaouais (Ottawa Riverkeeper). Un événement incontournable pour célébrer la rivière des Outaouais et ses indispensables sentinelles, telles que Meredith Brown.

Au delà du lieu – l’île Lemieux – et du déroulement exceptionnel de la soirée avec l’ouverture sur des chants et des danses traditionnelles, pour la Fondation cela a été une soirée très particulière. En effet, la Fondation a eu l’honneur de recevoir le prix  de « Leader pour l’eau 2017 ». C’est ainsi que le co-fondateur du mouvement AquaHacking, Philippe IV de Gaspé Beaubien, a reçu la très symbolique pagaie « Tributaries 4 ».  Entouré de Claude Perras, directeur général de la Fondation et de Dominique Monchamp, conseillère principale et ancienne DG de la Fondation, il a partagé sa joie et remercié toutes les personnes qui ont œuvrés depuis 5 ans pour qu’AquaHacking soit une réalité avec des impacts aussi concrets que l’émergence de la Sentinelle de la rivière des Outaouais.

Allocution Gaspé Beaubien

Conçue par Echo paddles, la pagaie taillée dans le bois est constituée de quatre manches fusionnant pour former une unique pale de pagaie, tout comme la rivière des Outaouais et ses affluents rejoignent le fleuve Saint-Laurent. Quatre manches qui représentent aussi les quatre générations de la famille de Gaspé Beaubien, se combinant à l’endroit de la pagaie qui fait se diriger et se propulser sur l’eau.

ORKGala_Paddle

Malgré les quelques averses qui se sont manifestées au cours de la soirée, l’île Lemieux s’est révélée être le lieu parfait pour accueillir les quelques 450 convives qui ont répondu présents. Le site était magnifiquement aménagé et décoré sous deux gigantesques tentes ornées de lumières et de parapluies blancs suspendus et surtout généreusement approvisionnées en mets et boissons à volonté pour tous et pour tous les goûts.

Au cours de la soirée nous avons pu croiser quelques personnalités telles que le Maire d’Ottawa Jim Watson et son conseiller municipal David Chernushenko, le Maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, ainsi que la ministre de l’environnement du Canada et député d’Ottawa Catherine McKenna.

ORKGala_McKenna

Le sénateur Murray Sinclair était aussi présent. Il a d’ailleurs reçu le titre de « Sentinelle Honoraire » et a prononcé un discours nous rappelant l’importance de l’accès à l’eau pour tous, l’esprit apaisant de la rivière et le rôle crucial que l’eau joue dans nos vies.

C’est le journaliste Evan Solomon qui a animé la soirée et la chanteuse Kathleen Edwards, musicienne et ambassadrice de la Sentinelle, qui a fait danser la foule.

Finalement nous avons appris que la soirée a été un véritable succès, puisqu’elle a permis de recueillir plus de 265 000 $, prouvant ainsi qu’il faut bien tout un bassin versant pour protéger une rivière.

Pour découvrir la soirée en images, vous pouvez consulter  l’album du Gala de la Sentinelle sur Flickr.

Expo 67 : quand le Québec a rayé le mot « impossible » de son vocabulaire

Il y a 50 ans, le 28 avril 1967, Montréal s’ouvrait au reste du monde en accueillant l’Exposition universelle. Si Montréal a réussi ce rendez-vous avec l’histoire, c’est grâce à un groupe de Québécois visionnaires, dont l’histoire est racontée dans un documentaire intitulé Expo 67 – Mission impossible.L’Exposition universelle de Montréal, c’était 70 pays invités et près de 55 millions de visiteurs. Il s’agit de la plus grande Exposition universelle du 20e siècle.

Toutefois, l’événement aurait bien pu ne jamais avoir lieu. En prenant la relève de Moscou en 1962, Montréal s’est engagé à mener à bien un projet colossal en cinq ans, alors qu’il en avait fallu 12 à la ville de Bruxelles, hôte de l’Exposition universelle de 1958. Si l’importance d’Expo 67 dans l’histoire du Québec et du Canada est reconnue, qu’en est-il des hommes et des femmes, francophones et anglophones, qui, dans l’ombre, ont réussi cet exploit? C’est leur histoire qu’Éric Ruel, Guylaine Maroist et Michel Barbeau ont voulu raconter.

Les directeurs d’Expo 67 ont rayé le mot « impossible » du vocabulaire québécois. À partir de ce moment-là, on a été capable de tout faire et on s’est ouvert sur le monde. Ce que je trouve pertinent à notre époque où l’on érige des murs, c’est que ces hommes ont décidé de faire des ponts entre les peuples. Guylaine Maroist

Seuls deux des douze directeurs d’Expo 67 sont toujours en vie aujourd’hui, Philippe de Gaspé Beaubien et Yves Jasmin, respectivement chef de l’exploitation et directeur de la publicité de l’événement. Grâce à leurs témoignages et à celui de Diana Nicholson, une membre importante de l’organisation, les cinéastes nous font découvrir l’histoire moins connue de ce grand événement.

« Ce n’est pas pour rien que ça a été un tel succès. Ces gens avaient cette étoffe », poursuit Guylaine Maroist.

Ils ont réussi à marquer l’imaginaire, à marquer la société, à marquer le développement du pays parce qu’ils ont réussi à mettre l’homme au centre de leur démarche, et à mettre de côté le politique et la partisanerie. Éric Ruel

Il y a 50 ans, le 28 avril 1967, Montréal s’ouvrait au reste du monde en accueillant l’Exposition universelle. Si Montréal a réussi ce rendez-vous avec l’histoire, c’est grâce à un groupe de Québécois visionnaires, dont l’histoire est racontée dans un documentaire intitulé Expo 67 – Mission impossible.

L’Exposition universelle de Montréal, c’était 70 pays invités et près de 55 millions de visiteurs. Il s’agit de la plus grande Exposition universelle du 20e siècle.

Toutefois, l’événement aurait bien pu ne jamais avoir lieu. En prenant la relève de Moscou en 1962, Montréal s’est engagé à mener à bien un projet colossal en cinq ans, alors qu’il en avait fallu 12 à la ville de Bruxelles, hôte de l’Exposition universelle de 1958.

Si l’importance d’Expo 67 dans l’histoire du Québec et du Canada est reconnue, qu’en est-il des hommes et des femmes, francophones et anglophones, qui, dans l’ombre, ont réussi cet exploit? C’est leur histoire qu’Éric Ruel, Guylaine Maroist et Michel Barbeau ont voulu raconter.

Les directeurs d’Expo 67 ont rayé le mot « impossible » du vocabulaire québécois. À partir de ce moment-là, on a été capable de tout faire et on s’est ouvert sur le monde. Ce que je trouve pertinent à notre époque où l’on érige des murs, c’est que ces hommes ont décidé de faire des ponts entre les peuples. Guylaine Maroist

Seuls deux des douze directeurs d’Expo 67 sont toujours en vie aujourd’hui, Philippe de Gaspé Beaubien et Yves Jasmin, respectivement chef de l’exploitation et directeur de la publicité de l’événement. Grâce à leurs témoignages et à celui de Diana Nicholson, une membre importante de l’organisation, les cinéastes nous font découvrir l’histoire moins connue de ce grand événement.

« Ce n’est pas pour rien que ça a été un tel succès. Ces gens avaient cette étoffe », poursuit Guylaine Maroist.

Ils ont réussi à marquer l’imaginaire, à marquer la société, à marquer le développement du pays parce qu’ils ont réussi à mettre l’homme au centre de leur démarche, et à mettre de côté le politique et la partisanerie. Éric Ruel

Le film est illustré avec une foule de documents d’archives inédits, puisés parmi les 80 000 photos, films et autres dossiers d’Expo 67 entreposés à Bibliothèque et Archives Canada.

Le documentaire Expo 67 – Mission impossible raconte cette course contre la montre, dont le résultat est l’un des plus grands événements qu’ait connu le Québec.

On m’a toujours dit : « Philippe, t’es né pour un p’tit pain. » [Ce n’est] pas vrai! Après l’Expo, ce n’était plus un petit pain, c’était le pain complet!

La preuve qu’il est possible de réaliser de grandes choses malgré les contraintes.

Lire l’article: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1030122/expo-67-quand-le-quebec-a-raye-le-mot-impossible-de-son-vocabulaire

 

« Il fallait faire en 4 ans ce qui en aurait pris 10 », Philippe de Gaspé Beaubien se souvient d’Expo 67

50 ans après l’inauguration de l’Expo de 1967, celui qu’on appelait affectueusement le maire de l’expo se souvient de ses quatre années à la barre de l’Exposition universelle.

L’esprit d’Expo 67, on le doit beaucoup au directeur des opérations de l’évènement Philippe de Gaspé Beaubien.

Si La Ronde existe aujourd’hui, c’est à cause de lui. Il a insisté pour qu’il y ait un parc d’attractions permanent. Le passeport c’est aussi une idée née de ses préoccupations.

Une course contre la montre

Philippe de Gaspé Beaubien était dans sa trentaine quand il a hérité du poste de directeur des opérations de l’Exposition universelle de 1967. Il était de toutes les décisions: l’aménagement des lieux, la disposition des pavillons.

Quand il est entré en fonction, il fallait il n’y avait plus de temps à perdre. «Il fallait faire en quatre ans et demi ce qui aurait pris 10 ans à faire normalement. On n’avait pas le temps de former nos jeunes. C’est pour ça qu’il y avait tant de jeunes. On leur disait  »Tu fais du mieux que tu peux, sers toi de ton intelligence et ne nous fais pas honte »», se souvient-il.

Les gens l’ont vite renommé le maire de l’Expo. Un travail qui ne lui a pas laissé une minute pour visiter les pavillons qu’il avait vus surgir de terre.

«J’étais dans la salle des contrôles 20 heures par jour. Quand on mène une entreprise comme ça avec 10 000 employés et 55 millions de visiteurs, on n’a pas le temps de profiter de l’Expo. Je n’ai pas profité de l’Expo», raconte Philippe de Gaspé Beaubien.

Un passeport pour contrôler les foules

C’est à la suite d’une visite à la foire commerciale de New York que l’idée du passeport a fait son chemin. Il fallait surtout éviter de répéter les erreurs de la métropole américaine avec une meilleure gestion des foules et éviter les interminables files d’attente.

«L’idée du passeport a germé en se disant que si on pouvait trouver une excuse en disant aller estampiller le passeport même dans des petits pavillons comme la Thaïlande, ça inciterait les gens à y aller parce qu’ils voudraient garder un souvenir de l’expo. Ça a été une idée de génie parce que ça nous a aidés à niveler les foules», explique-t-il.

Le Canada anglais sceptique
Le maire de l’Expo se rappelle aussi que le Canada anglais, surtout Toronto voyait d’un mauvais œil l’exposition 67. C’était aussi l’année du centenaire au Canada. Mais il a tenu tête pour garder intact le concept original du logo de «Terre des hommes».

«Il y a des gens au gouvernement qui voulait la feuille d’érable au centre. C’était une exposition internationale pour tous les pays. Ce n’est pas quelque chose dont on s’appropriait. On était les hôtes», dit-il.

Le message de l’Expo

Encore ému, le maire de l’Expo s’adresse aux Québécois surtout aux jeunes en leur disant qu’il faut se dépasser.

C’est un des héritages dit-il laissé par l’Expo 67. «Il faut sortir de sa zone de confort, c’est le message. On ne peut pas dire qu’on est né pour un petit pain, qu’on ne peut pas faire de grande chose au niveau international», conclut Philippe de Gaspé Beaubien.

Visionnez le reportage : http://www.tvanouvelles.ca/2017/04/24/il-fallait-faire-en-4-ans-ce-qui-en-aurait-pris-10

Entrevue avec Philippe de Gaspé Beaubien : la magie d’Expo et son magicien en chef, par Nathalie Petrowski, La Presse

Philippe de Gaspé Beaubien se souvient de tout. Il a beau avoir 89 ans, la mécanique de sa mémoire est intacte. Aucun détail sur Expo 67, dont il fut le directeur des exploitations, ne lui échappe.

Il se souvient avec acuité du matin des cérémonies d’ouverture et du coup de téléphone désastreux qu’il a reçu lui annonçant une grève imminente des agents de sécurité. Il se souvient avoir couru comme un fou jusqu’à la place des Nations. Il se souvient même du gant qui lui a échappé pendant sa course frénétique et qu’il n’a pas pris le temps de ramasser, tant l’heure était à la panique.

« On a réglé à midi moins cinq. Tout le monde pleurait de joie. On avait réussi à éviter le pire. On était prêts à commencer », jubile l’ancien PDG de Télémédia, le regard embué par le souvenir.

Nous sommes 50 ans plus tard au nord de Palm Beach dans une enclave de palmiers et de somptueuses demeures floridiennes. Toutes les maisons, valant plusieurs millions, sont blanches et construites sur le même modèle, toutes sauf chez les Gaspé Beaubien, où les tuiles émeraude du toit d’un vaste pavillon japonais offrent un saisissant contraste avec le ciel bleu et pur. C’est ici que Philippe et sa chère Nan-b, sa douce et lumineuse moitié depuis 62 ans, passent une partie de l’hiver. C’est ici qu’ils me reçoivent pour me parler de la folle aventure d’Expo 67, qu’ils ont vécue ensemble, Philippe à titre de chef des exploitations et Nan-b, en hôtesse suprême, s’occupant des dignitaires et des visiteurs de marque comme Jackie Kennedy, Grace de Monaco, Ed Sullivan, Maurice Chevalier, la reine d’Angleterre et le roi de Grèce.

Les deux témoignent avec verve dans le documentaire Expo 67 : Mission impossible, qui aura sa première à la Place des Arts mardi avant d’être diffusé à Canal D.

Mais malgré leur enthousiasme débordant, les deux me rappellent à tour de rôle que le projet d’Expo, décrié par Ottawa, était au départ voué à la catastrophe, en raison de délais beaucoup trop serrés. Bâtir une exposition universelle en quatre ans était un pari fou et mathématiquement impossible. Et pourtant…

Tout a commencé, ou plutôt n’a pas commencé, le 8 mars 1960, jour où c’est Moscou, et non Montréal, qui a reçu par un vote de différence le mandat d’organiser l’exposition universelle. Or, deux ans plus tard, coup de théâtre, Moscou se désistait et Montréal obtenait l’Expo par défaut.

Mais ce n’est qu’un an plus tard que Philippe de Gaspé Beaubien reçoit une proposition qui va changer le cours de sa vie. « Au bout du fil, il y avait ce Robert Shaw, le PDG de l’Expo, un anglophone qui se cherchait un “Canayen français” fou pour diriger les opérations. Il m’a donné 24 heures pour me décider. À l’époque, j’avais quitté l’entreprise de mon père. J’étais sans le sou et je me remettais d’une troisième faillite. »

Nan-b, interrompt son mari pour raconter : « Je lui ai dit : “Philippe, tu es jeune, tu rêves en couleurs. Oublie ça, ça ne marchera jamais, ce projet d’exposition. Tu ferais mieux de lancer ton entreprise à toi. Ton père pense la même chose.” »

Pourtant, au bout de 24 heures, même si l’aventure était risquée, que ses proches s’y opposaient et qu’il restait à peine quatre ans pour déplacer des montagnes sinon pour construire l’île Notre-Dame, Philippe de Gaspé Beaubien décide de jouer le tout pour le tout.

« Je ne suis pas religieux, mais j’ai un côté spirituel développé et je ressentais au plus profond de moi que je ne pouvais pas rater cette occasion. » — Philippe de Gaspé Beaubien

Or une semaine après avoir été embauché, Gaspé Beaubien est invité à Paris par le Comité des expositions universelles. Pendant une pause, il entend deux commissaires français se moquer du projet montréalais : « Ils n’ont aucune idée dans quoi ils se lancent, ces petits Canadiens. Ils vont se casser la gueule. »

« Ça m’a piqué au vif. Je me suis dit que j’allais leur montrer de quoi on était capables », tempête M. de Gaspé Beaubien qui en profite pour rappeler que ses ancêtres sont arrivés il y a 400 ans en Nouvelle-France et que 14 générations plus tard, leurs descendants sont toujours là, malgré l’abandon de la mère patrie. Alors, qu’on ne vienne pas rire de lui.

De retour à Montréal en 1963, le chef de l’exploitation constate que tout, absolument tout, était à faire, y compris creuser une ligne de métro sous le fleuve, construire 27 ponts et 841 bâtiments, draguer le fond du Saint-Laurent et excaver la terre du boulevard Décarie et du sous-sol du métro pour construire de toutes pièces l’île Notre-Dame. Côté infrastructures, c’est le colonel Edward Churchill, un militaire ontarien, qui est chargé des opérations et qui crie à tout bout de champ : donnez-moi de la terre ! Toute la terre que vous trouvez !

En l’espace d’un peu moins d’un an, 15 millions de tonnes de roche et de terre seront transportées puis déversées sur le futur site. Mais une fois l’île Notre-Dame érigée au milieu du Saint-Laurent, Philippe de Gaspé Beaubien se prend à rêver à des canaux où les visiteurs pourraient se promener en gondole. Lorsqu’il fait part de son idée à Churchill, celui-ci, rouge de colère, l’agrippe par le collet et manque de l’étriper. « You, crazy French Canadian ! crie-t-il. Je viens de passer les trois dernières années de ma misérable vie à remblayer la terre dans l’île Notre-Dame, et là, tu voudrais que je remette de l’eau ! »

Philippe de Gaspé Beaubien n’a pas été assassiné ce soir-là et le colonel a fini par lui creuser ses canaux. Mais entre-temps, d’autres idées avaient germé dans son esprit en pleine ébullition. Celle dont il est le plus fier, c’est le fameux passeport d’Expo. « Nan-b et moi étions allés à la World Fair de New York, qui était un désastre. C’était sale, il y avait des déchets partout, pas de sécurité. Or, moi, ma hantise, c’était le contrôle des foules. »

« Je voulais m’assurer que les foules circulent sur le site. J’ai imaginé ce passeport qui permettait aux gens d’avoir des tampons de tous les pays participants et qui les pousserait donc à visiter tous les pavillons, pas seulement les plus gros ou les plus populaires. » — Philippe de Gaspé Beaubien

Le passeport d’Expo fut un franc succès. Pourtant, à Paris, l’idée rencontra une vive opposition du fait qu’elle imposait, à un coût supplémentaire, l’embauche d’un préposé au passeport à chaque pavillon.

« Pour régler, on a donné le choix à chaque pays. Et autant dire qu’à peine un mois après l’ouverture, tous les pays voulaient leur propre étampe », rigole-t-il.

Autre belle idée : La Ronde, ce parc d’attractions qui n’était pas prévu dans le projet d’Expo. Un membre de l’équipe du chef de l’exploitation l’avait proposée et son patron l’avait adoptée avec enthousiasme. Mais le commissaire général d’Expo, Pierre Dupuy, et Lucien Saulnier, le président du comité exécutif de la Ville, n’en voyaient pas l’intérêt. Gaspé Beaubien, qui est un vendeur-né ou comme le dit si bien Nan-b, un dazzler, un homme qui sait éblouir, leur fit valoir le mérite d’un parc d’attractions conçu pour les familles et inspiré de Disneyworld. Rien n’y fit.

Devant la résistance de la haute direction, le chef des exploitations rêva de demander à Walt Disney son aide et ses conseils. Cela tombait bien. Nan-b, une Américaine de Boston, connaissait les deux filles de Disney. Dans le temps de le dire, le grand Walt acceptait de rencontrer Gaspé Beaubien et, surtout, de lui prêter deux ingénieurs pour l’aider à concevoir un parc d’attractions dernier cri. Pourtant, quelques mois plus tard, le projet de La Ronde fut à nouveau menacé. « Lucien Saulnier voulait épargner 100 000 $ et proposait de le faire en abandonnant La Ronde. J’ai osé lui dire devant tout le monde que c’était une erreur. Puis je l’ai invité à venir visiter avec moi les jardins de Tivoli à Copenhague, un célèbre parc d’attractions avec des restos, des boutiques, bref, Westmount, mais avec du fun. Je voulais lui montrer à quel point un vrai parc d’attractions, ça pouvait être merveilleux. Nous sommes partis le soir même pour Copenhague, et La Ronde a été sauvée. »

Et puis après quatre années de travail acharné, à construire mais aussi à convaincre un Canada anglais jaloux et méprisant et, encore davantage, un John Diefenbaker pour qui Expo n’était qu’une orgie romaine gaspilleuse de fonds publics, le jour J arriva enfin.

À l’aube, le matin de l’ouverture officielle, Gaspé Beaubien et sa femme admiraient en silence le panorama depuis la terrasse du Hélène de Champlain. Nan-b était éblouie par la beauté du paysage mais son mari, lui, en proie à la plus vive anxiété, se demandait : « Et si on a fait tout ça pour rien ? Et si personne ne vient ? »

Vaines inquiétudes que les siennes, puisque dès le premier jour, ils furent des centaines de milliers à se presser vers les tourniquets. Pendant les 183 jours d’Expo 67, quelque 15 millions de visiteurs – plus de 50 millions de visites – vinrent prendre un bain de foule, voyager, se rencontrer et communier à l’autel de l’amitié entre les peuples sur Terre des hommes. « Vous dire la frénésie de joie, de plaisir et d’hospitalité qui régnait à Expo. Les gens étaient tous souriants et les Québécois étaient tellement fiers. Le monde s’ouvrait à eux », s’extasie Philippe de Gaspé Beaubien, conscient d’avoir participé à une aventure hors du commun qui serait sans doute impossible à reproduire aujourd’hui. Mais surtout fier, lui aussi, d’avoir montré aux sceptiques et aux hommes de peu de foi de quoi les siens étaient capables.

Lire l’article: http://plus.lapresse.ca/screens/ebedccb0-1db2-49a8-b0a9-5867e5e88d1d%7C_0.html